Le montant total des créances en souffrance a enregistré une progression de 5%, atteignant désormais 102,3 milliards de dirhams. Malgré cette hausse en valeur absolue, leur poids relatif au sein du portefeuille global des banques a connu une légère diminution, passant de 8,4% à 8,3%. Cette évolution est présentée dans le cadre du Rapport annuel sur la supervision bancaire pour l'exercice 2025, présenté ce mardi 21 juillet 2026 par les autorités monétaires.
Concernant la couverture de ces actifs, le taux de provisionnement des créances en souffrance s'est établi à 68%. Ce chiffre marque un léger recul par rapport au taux de 69% enregistré lors de l'exercice 2024. Parallèlement, les indicateurs de solidité bancaire affichent une stabilité relative, avec un ratio moyen de solvabilité maintenu à 16,1%, dépassant largement le seuil réglementaire de 12%.
Les indicateurs de liquidité et de fonds propres montrent également une conformité aux exigences fixées. Le coefficient moyen de liquidité à court terme a atteint 172%, alors que le minimum réglementaire est de 100%. De même, le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 s'est fixé à 13,5%, pour une exigence minimale de 9% imposée par la réglementation.
Sur le plan législatif, un projet de loi est actuellement en cours d'examen au Secrétariat général du gouvernement. Ce texte, transmis par le ministère de l’Économie et des finances, est spécifiquement consacré à la cession directe des créances en souffrance. L'objectif affiché est de structurer un cadre permettant de faciliter le transfert de ces actifs.
Nabil Badr a précisé que les travaux de Bank Al-Maghrib visent à lever l'ensemble des obstacles liés à la transférabilité de ces créances. Le projet de loi cherche ainsi à instaurer un cadre optimal pour la cession directe, afin de fluidifier le traitement de ces créances au sein du système financier.
Un point technique central du futur cadre législatif concerne la nature du transfert. Le projet prévoit la transférabilité automatique de la créance principale ainsi que de ses accessoires. Cette disposition est essentielle pour garantir que le transfert de la créance inclue systématiquement les garanties qui lui sont attachées.
La mise en place de ce marché secondaire repose donc sur cette capacité à transférer la créance et ses garanties de manière intégrée. Cette évolution législative est présentée comme la solution pour lever les freins techniques qui limitaient jusqu'ici la cession directe des créances en souffrance.
L'examen de ce projet de loi par le Secrétariat général du gouvernement constitue la prochaine étape déterminante pour la mise en œuvre effective de ce marché secondaire. La réussite de ce dispositif dépendra de l'application de ces mécanismes de transférabilité automatique de la créance et de ses accessoires.
Contexte
La présentation du Rapport annuel sur la supervision bancaire 2025 intervient dans un cadre de suivi rigoureux de la santé financière du système bancaire marocain.
Pourquoi c’est important
La création d'un marché secondaire permettrait de libérer les bilans bancaires des créances en souffrance en facilitant leur cession à des tiers.
À suivre
L'examen du projet de loi par le Secrétariat général du gouvernement.
L'évolution du taux de provisionnement des créances en souffrance.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la date exacte de la transmission du projet de loi au Secrétariat général du gouvernement, ni le calendrier de sa validation.