Le Maroc a accueilli près de 9,4 millions de visiteurs au cours des six premiers mois de 2026, en hausse de 6% en glissement annuel, selon les données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relayées par la presse économique nationale. Cette performance confirme la poursuite de l'élan touristique observé depuis plusieurs semestres, dans un contexte où le secteur des services demeure un contributeur clé à la croissance marocaine.
Les recettes voyages ont atteint 64,9 milliards de dirhams à fin juin 2026, en appréciation de 15,9%, après une augmentation de 12,1% un an auparavant. Cette consolidation découle de hausses respectives de 23,5% au premier trimestre et de 21,2% au deuxième trimestre 2026, ce qui traduit une accélération du revenu moyen par visiteur sur la période.
Les nuitées réalisées dans les établissements d'hébergement classés se sont renforcées de 9% à fin juin, après une augmentation de 12% un an auparavant. La dynamique reste positive mais marque un léger ralentissement par rapport à 2025. Selon la DEPF, plusieurs destinations du Royaume ont porté cette progression, avec des hausses notables dans les grandes villes touristiques et dans des pôles émergents du sud et du centre.
Marrakech et Tanger ont vu leurs nuitées progresser de 10%, tandis qu'Agadir et Casablanca ont affiché +11%. Les destinations d'Ouarzazate (+23%) et de Rabat (+20%) ont enregistré les hausses les plus marquées, devant Al Haouz (+7%), Fès (+6%) et Essaouira (+6%). Errachidia a également bénéficié d'une hausse de 9%, illustrant la diversification géographique de la fréquentation.
Du côté des marchés émetteurs, la DEPF souligne des progressions généralisées. Les arrivées en provenance de l'Allemagne ont bondi de 14%, celles de Pologne de 32%, tandis que les visiteurs britanniques ont augmenté de 4%. La France et la Belgique affichent chacune une progression de 9%, devant les Pays-Bas (+10%), l'Italie (+6%) et les États-Unis (+9%). Cette dispersion des sources de croissance réduit la dépendance du Royaume à un seul marché.
La note de conjoncture de la DEPF s'inscrit dans un tableau plus large du tertiaire marocain, où les télécommunications, le trafic aérien et les flux touristiques ont tous affiché une évolution positive au premier semestre. Le nombre d'usagers d'Internet a atteint 42 millions d'abonnés (+1,9%), le parc mobile a dépassé 58,8 millions d'abonnés et le trafic aérien de voyageurs et de fret s'est renforcé, confirmant le rôle moteur des services dans l'activité économique.
En parallèle, l'Espagne, premier marché émetteur européen vers le Maroc et concurrent direct sur le bassin méditerranéen, a dépassé 58,1 millions de touristes internationaux à fin juillet 2026, soit une hausse de 4,6% sur un an, d'après l'Institut national de la statistique (INE). Les dépenses touristiques espagnoles ont progressé de 7,8% à plus de 82 milliards d'euros sur la même période, signe d'un dynamisme durable du tourisme ibérique dont les retombées profitent également au Maroc via les arrivées en provenance du marché espagnol.
Le Royaume-Uni demeure le premier marché émetteur de l'Espagne avec 11,5 millions de touristes à fin juillet (+4,6%), devant la France (7,2 millions, +1,2%) et l'Allemagne (6,9 millions, -0,5%). En juillet, les Britanniques ont déboursé 3,038 milliards d'euros, soit 16,7% du total des dépenses touristiques espagnoles. Ces chiffres contextualisent la concurrence entre destinations méditerranéennes pour capter une clientèle européenne aux budgets en hausse.
Sur le plan régional espagnol, la Catalogie reste la première destination avec 11,9 millions de visiteurs à fin juillet, devant les Îles Baléares (9,2 millions) et les Canaries (9 millions). Cette hiérarchie reflète la maturité du tourisme ibérique et la concentration des flux sur quelques pôles, un modèle que le Maroc cherche à diversifier en s'appuyant sur des villes comme Ouarzazate et Errachidia.
Au Maroc, la hausse des nuitées dans les établissements classés (+9%) s'accompagne d'un ralentissement par rapport à 2025 (+12%), ce qui invite à observer l'évolution au second semestre. La croissance à deux chiffres des recettes voyages (+15,9%) suggère néanmoins une amélioration du revenu par touriste, sans que les sources ne permettent d'isoler précisément la part respective des effets volume et prix.
Contexte
Les chiffres publiés par la DEPF s'inscrivent dans un contexte où le secteur tertiaire marocain affiche une évolution globalement positive, avec une progression simultanée des télécommunications, du trafic aérien et des flux touristiques. La hausse de 15,9% des recettes voyages dépasse la hausse des arrivées, ce qui traduit une amélioration du rendement par touriste.
Pourquoi c’est important
La croissance de 6% des arrivées et de 15,9% des recettes voyages confirme le poids croissant du tourisme dans l'économie marocaine, avec une diversification des marchés émetteurs (Allemagne +14%, Pologne +32%, Belgique +9%) qui réduit la dépendance aux march…
À suivre
L'évolution des recettes voyages au second semestre 2026, après les hausses de 23,5% et 21,2% enregistrées aux premier et deuxième trimestres.
La répartition des nuitées entre grandes villes et destinations émergentes, notamment Ouarzazate, Errachidia et Al Haouz.
L'impact du dynamisme du marché espagnol (+4,6% à fin juillet) sur la concurrence méditerranéenne et les flux vers le Maroc.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne permettent pas de comparer directement les chiffres marocains et espagnols, car les périodes et les périmètres diffèrent (30 juin pour le Maroc, fin juillet pour l'Espagne). La répartition des recettes voyages par marché émetteur et la durée moyenne de séjour au Maroc ne sont pas détaillées dans le matériau disponible.