Les débarquements de la pêche côtière et artisanale au port de Dakhla se sont effondrés de 70 % en volume à fin juillet 2026, s'établissant à 16 912 tonnes contre un niveau bien supérieur un an plus tôt, d'après les dernières statistiques de l'Office national des pêches (ONP). Cette contraction brutale s'accompagne d'un repli de 46 % de la valeur commerciale, qui tombe à 283,74 millions de dirhams contre 523,67 MDH sur la même période en 2025.
Le segment des poissons pélagiques concentre l'essentiel du choc : les volumes débarqués chutent de 80 % à 8 493 tonnes, tandis que leur valeur dégringole de 71 % pour s'approcher de 81 MDH. À titre de comparaison, la même catégorie affichait 43 153 tonnes pour une valeur proche de 283 MDH à fin juillet 2025, selon les données détaillées publiées par l'ONP.
Les poissons blancs suivent une orientation baissière moins extrême, avec 8 335 tonnes débarquées, soit une baisse de 41 % en volume. Leur valeur commerciale résiste mieux, ne reculant que de 16 % à environ 187,62 MDH. Les céphalopodes deviennent quasi inexistants : 4 tonnes seulement, en diminution de 68 %, pour des recettes de 347 000 dirhams. Les crustacés limitent la casse à -10 % en volume (80 tonnes) et -13 % en valeur (14,8 MDH).
Cette dynamique locale tranche nettement avec la tendance nationale. Sur l'ensemble du territoire, les débarquements commercialisés de la pêche côtière et artisanale atteignent 551 547 tonnes à fin juillet 2026, en progression de 5 % sur un an. Leur valeur globale dépasse 6,28 milliards de dirhams, en hausse de 2 % par rapport aux 6,15 milliards enregistrés un an plus tôt.
Les sources disponibles ne livrent aucune explication sur les causes de ce repli dakhli : ni facteur environnemental, ni mesure réglementaire, ni évolution de la demande ne sont documentés. L'unique média à détailler les chiffres par espèce est Infomédiaire, qui cite l'ONP ; Hespress Français se borne à reprendre le titre de la dépêche sans apport supplémentaire. Aucune déclaration de professionnels, d'élus ou d'institutions n'est rapportée.
Les prochains bulletins mensuels de l'ONP permettront de vérifier si ce creux se prolonge ou s'infléchit. L'impact socioéconomique sur la filière locale, ainsi que d'éventuelles réponses des autorités de tutelle, restent à surveiller dans les semaines à venir.
Contexte
Le port de Dakhla constitue l'un des premiers points de débarquement du royaume pour la pêche côtière et artisanale, notamment pour les petits pélagiques qui alimentent l'industrie de transformation. Un écart aussi marqué entre l'évolution locale et la courbe nationale interroge sur la spécificité des ressources ou de l'effort de pêche dans cette zone.
Pourquoi c’est important
Une baisse de 70 % des volumes dans un port majeur signale une rupture d'approvisionnement pour les usines de transformation et une perte de revenus directe pour les marins et armateurs locaux, alors que le secteur affiche par ailleurs une croissance national…
À suivre
Publication des données ONP d'août et septembre 2026 pour confirmer ou infléchir la tendance.
Réactions éventuelles de la délégation à la pêche maritime de Dakhla ou du ministère de tutelle.
Évolution des cours à la criée et de l'activité des unités de congélation et de farine de poisson.
Ce que les sources ne disent pas encore
Une seule source détaillée (Infomédiaire/ONP) pour la ventilation par espèce ; absence de causes, de déclarations d'acteurs locaux, de données sur l'effort de pêche ou les stocks. Pas de confirmation indépendante des chiffres par un autre organisme.