Le dispositif de lutte contre les catastrophes naturelles au Maroc a connu une évolution quantitative et qualitative majeure. Entre 2015 et juin 2026, le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles a conclu des conventions portant sur 367 projets distincts. L'enveloppe globale mobilisée pour ces interventions s'élève à 4,89 milliards de dirhams, dont 1,77 milliard de dirhams ont été directement apportés par le Fonds, soit une contribution de 36 % du montant total.
La nature des interventions montre un changement de paradigme dans la gestion du risque. Si les travaux de protection lourde constituent encore près de la moitié des projets engagés, une part croissante est désormais dédiée à la prévention. La cartographie de précision et les systèmes d'alerte précoce représentent désormais 30 % des projets, mobilisant près d'un milliard de dirhams pour renforcer la capacité de réaction avant la survenue des événements.
La cartographie d'aptitude à l'urbanisation est devenue un outil central de la stratégie nationale. Actuellement, une quarantaine de territoires font l'objet de ces études, qu'elles soient déjà achevées, en cours d'étude ou en phase de validation. L'objectif affiché par les autorités est d'atteindre une couverture nationale complète de ces zones d'ici trois à quatre ans.
Le déploiement technologique s'appuie sur le système Vigirisque Inondations. Après une phase initiale opérationnelle sur quatre zones pilotes, le dispositif entre dans une deuxième phase d'extension qui concerne 15 provinces. Ce déploiement technique est prévu pour se poursuivre par étapes successives afin d'assurer une couverture nationale à l'horizon 2031.
L'évolution du dispositif ne se limite pas à la technologie, mais touche également la gestion institutionnelle. Une nouvelle directive nationale impose désormais aux acteurs institutionnels d'évaluer la vulnérabilité de leurs infrastructures vitales. L'objectif est de bâtir des plans garantissant la continuité de ces services essentiels même en pleine période de crise.
L'introduction des cartographies d'action marque une étape supplémentaire dans la gestion opérationnelle. Contrairement aux outils classiques, ces cartographies permettent de passer de l'alerte précoce à l'action précoce. Elles recensent précisément les points noirs, les actions spécifiques à déclencher et désignent l'acteur responsable de la mise en œuvre de chaque mesure.
L'efficacité de ces nouveaux outils de gestion a déjà été testée sur le terrain. Les cartographies d'action ont notamment été utilisées lors des récentes inondations survenues dans les régions du Gharb et du Loukkos, permettant une coordination plus directe entre les acteurs responsables et les mesures de terrain.
La structure de financement montre une répartition entre l'apport direct du Fonds et les autres contributions. Avec 1,77 milliard de dirhams sur les 4,89 milliards investis, le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles assure le socle financier de ces 367 projets, soutenant ainsi la transition vers une gestion préventive du risque hydrique.
Contexte
Le Comité national de veille chargé de la gestion et du suivi des événements liés aux inondations coordonne ces efforts pour répondre à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes sur le territoire.
Pourquoi c’est important
Le passage d'une gestion réactive à une gestion préventive via la cartographie et l'alerte précoce vise à limiter les dommages structurels et à assurer la continuité des services essentiels lors des crises.
À suivre
L'extension de Vigirisque Inondations aux 15 provinces cibles.
L'achèvement de la cartographie d'aptitude à l'urbanisation sur l'ensemble du territoire d'ici 4 ans.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas le détail des infrastructures vitales évaluées ni la liste exhaustive des 367 projets.