Selon El Pais, dans son projet de résolution encore soumis à négociation, le PPE demande au Maroc d’ « assumer ses responsabilités en tant que partenaire clé de l’Union européenne et de respecter ses engagements en matière de gestion des frontières, de retours et de coopération migratoire ». Cette formulation place le Maroc au cœur des attentes de l’UE concernant la maîtrise des flux migratoires, sans toutefois détailler les mécanismes concrets de cette coopération ou les critères d’évaluation du respect de ces engagements.
Le texte du PPE juge également « inacceptable » toute déclaration remettant en cause la souveraineté espagnole sur Sebta. Cette disposition vise à protéger l’intégrité territoriale de l’Espagne face à des revendications périodiques provenant de certains acteurs marocains ou de groupes de pression. Elle reflète la sensibilité persistante autour du statut de Sebta, enclave espagnole entourée de territoire marocain, régulièrement citée dans les discours nationaux des deux côtés de la frontière.
Même si le texte ne réclame pas explicitement la suspension de l’accord UE-Maroc, des sources du groupe parlementaire citées par le quotidien espagnol assurent que cette éventualité y est sous-entendue. Cette interprétation suggère que le PPE lie implicitement la poursuite de l’accord bilatéral à la conformité du Maroc avec ses attentes en matière migratoire, bien que aucune clause de conditionnalité directe ne figure dans le projet de résolution actuellement en discussion.
L’eurodéputé Javier Zarzalejos estime ainsi qu’il est désormais « difficile d’aspirer à une relation politique et commerciale avec le Maroc ». Cette déclaration, faite dans le cadre du débat à Strasbourg, illustre la montée de la frustration au sein du PPE face à ce qu’il perçoit comme un manque de coopération suffisante de Rabat sur le dossier migratoire, malgré les partenariats existants dans d’autres domaines comme le commerce ou la sécurité.
Contexte
Sebta, enclave espagnole située sur la côte méditerranéenne du Maroc, constitue un point de passage fréquent pour les migrants cherchant à entrer en Europe. Sa gestion fait régulièrement l’objet de discussions entre Rabat et Madrid, notamment en ce qui concerne les retours, la surveillance des frontières et le traitement des demandeurs d’asile. L’accord UE-Maroc, couvrant des domaines tels que le commerce, la pêche et la coopération judiciaire, est souvent évoqué comme un levier potentiel dans les négociations bilatérales ou multilatérales sur la migration.
Pourquoi c’est important
Le débat au Parlement européen souligne l’utilisation croissante de la coopération migratoire comme critère d’évaluation des relations extérieures de l’UE, même dans des accords qui ne portent pas directement sur ce sujet. Toute perception de non-respect des…
À suivre
Le vote définitif sur la résolution prévu jeudi au Parlement européen.
Les éventuels amendements apportés par les socialistes, les libéraux de Renew et les Verts au projet de résolution du PPE.
La réaction officielle du gouvernement marocain aux déclarations et au projet de résolution en cours de discussion.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne permettent pas de confirmer si le PPE prévoit effectivement de proposer un amendement explicite pour suspendre l'accord UE-Maroc, ni si d'autres groupes politiques partageront cette interprétation du texte. Elles ne détaillent pas non plus les engagements précis du Maroc en matière de gestion des frontières ou de retors qui seraient évalués dans le cadre de cette résolution.