La situation des charges et ressources du Trésor dégage un déficit budgétaire de 56,9 milliards de dirhams à fin août 2026, selon la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Ce déficit s’établit en hausse par rapport aux 54,1 milliards de dirhams enregistrés durant la même période en 2025.
Ce déficit tient compte d’un solde positif de 16,8 milliards de dirhams dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA), comme le précise la TGR dans son bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP).
D’après la même source, les recettes ordinaires se sont établies à 286,6 milliards de dirhams à fin août 2026, marquant une augmentation de 5,5% sur un an. Cette progression est portée par la hausse des impôts directs de 12,7%, des droits de douane de 8,8%, des impôts indirects de 8% et des droits d’enregistrement et de timbre de 12,6%, conjuguée à la baisse des recettes non fiscales de 27,4%.
Concernant les dépenses émises au titre du budget général, elles ont été de 397,5 milliards de dirhams à fin août 2026, soit une progression de 10,4% par rapport à la même période de 2025. Cette augmentation s’explique par l’augmentation de 13,2% des dépenses de fonctionnement, de 8,2% des dépenses d’investissement et de 3,8% des charges de la dette budgétisée.
L’augmentation des charges de la dette budgétisée s’explique par la hausse de 4,1% des remboursements du principal ou amortissements (37,3 milliards de dirhams), conjuguée à la hausse de 3,4% des intérêts de la dette (35 milliards de dirhams).
L’accroissement des remboursements du principal provient de la hausse des amortissements de la dette extérieure de 7,3 milliards de dirhams, conjuguée à la baisse des amortissements de la dette intérieure de 5,8 milliards de dirhams.
À fin août 2026, les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 609,1 milliards de dirhams, représentant un taux global d’engagement de 61% contre 59% à fin août 2025 et un taux d’émission sur engagements de 87% contre 86% un an auparavant.
Contexte
Ces données s’inscrivent dans le suivi mensuel des finances publiques réalisé par la Trésorerie Générale du Royaume, qui publie régulièrement le Bulletin Mensuel de Statistique des Finances Publiques (BMSFP).
Pourquoi c’est important
L’évolution du déficit budgétaire reflète l’écart entre les recettes et les dépenses de l’État, indicateur clé de la soutenabilité des finances publiques et de la capacité du Trésor à financer ses besoins sans recours excessif à l’endettement.
À suivre
L’évolution des recettes fiscales et non fiscales dans les prochains mois.
La trajectoire des dépenses de fonctionnement et d’investissement du budget général.
Le niveau des engagements de dépenses et leur taux d’émission.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne permettent pas de déterminer les causes structurelles de la baisse des recettes non fiscales ni les prévisions officielles pour la fin de l’année 2026.