La Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants a tenu mercredi sa deuxième séance de discussion générale sur le projet de loi de finances 2027. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a assisté aux échanges qui ont porté sur la capacité du texte à concilier équilibres macroéconomiques et attentes des ménages en matière de pouvoir d'achat, d'emploi et d'accès aux services publics.
Le cadre budgétaire présenté repose sur une croissance économique projetée à 3,7 % pour 2027, un déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB et une dette du Trésor représentant environ 66,9 % du PIB. L'investissement public est programmé à 400 milliards de dirhams, un niveau que les groupes de la majorité présentent comme un levier pour la création d'emplois durables et le renforcement de la production nationale.
Le président du groupe socialiste, El Hassan Lachgar, a estimé que les orientations du PLF 2027 marquent le début de la mise en œuvre opérationnelle du programme gouvernemental. Il a souligné la cohérence des hypothèses macroéconomiques et défendu les dispositions fiscales et sociales inscrites dans le texte, tout en appelant à renforcer leurs effets sur les conditions de vie des citoyens.
Sur le volet fiscal, le projet prévoit de relever de 40 000 à 60 000 dirhams le seuil annuel de revenu net imposable exonéré d'impôt sur le revenu. La réduction progressive du taux marginal maximal à 30 % s'inscrit dans une réforme dont l'achèvement est envisagé à l'horizon 2031. Ces mesures sont présentées par la majorité comme un soutien direct au pouvoir d'achat des classes moyennes.
Une enveloppe de 7,3 milliards de dirhams est annoncée pour la revalorisation de la pension des veuves, qui passerait de 50 % à 100 % de celle du défunt. Ce dispositif concernerait environ 431 000 bénéficiaires. Les groupes de la majorité (RNI, PAM, Istiqlal) ont mis en avant cette avancée sociale ainsi que les mesures facilitant l'accès des PME aux marchés publics.
L'opposition a contesté la portée de plusieurs dispositifs. Le Parti de la justice et du développement (PJD) a interrogé l'efficacité des six sociétés régionales de distribution et de commercialisation de produits agricoles prévues pour agir sur les prix. Il a réclamé un soutien accru aux petits et moyens agriculteurs et questionné la capacité réelle de ces structures à réguler les marchés.
Les députés de l'opposition ont également pointé les inégalités territoriales et la nécessité d'un ciblage plus précis des catégories vulnérables. Ils ont mis en doute l'effet de l'investissement public sur la création d'emplois effectifs, soulignant le décalage récurrent entre les montants programmés et les retombées concrètes sur le terrain.
Les débats ont mis en lumière une divergence d'appréciation sur l'efficacité de la dépense publique. Tandis que la majorité insiste sur l'effort budgétaire inédit et la cohérence d'ensemble du projet, l'opposition demande des garanties sur la gouvernance des sociétés régionales agricoles et sur la traduction réelle des allocations en amélioration du quotidien.
Aucun vote n'a été organisé lors de cette séance de discussion générale. L'examen du texte se poursuivra en commission puis en séance plénière selon le calendrier parlementaire. Les amendements éventuels porteront notamment sur le ciblage des mesures sociales, la fiscalité locale et les mécanismes de suivi de l'investissement public.
Le ministre Fouzi Lekjaa a défendu la trajectoire budgétaire, rappelant que le respect des seuils de déficit et de dette conditionne la crédibilité financière du pays. Il a indiqué que les marges de manœuvre restent contraintes par le service de la dette et les charges de compensation, limitant l'ampleur des nouvelles dépenses sociales.
Contexte
Le PLF 2027 s'inscrit dans la continuité de la loi de finances 2026 qui avait déjà acté une hausse de l'investissement public et des mesures de soutien au pouvoir d'achat. La discussion générale à la Commission des finances constitue l'étape parlementaire où les orientations sont débattues avant l'examen article par article.
Pourquoi c’est important
Ce projet de loi de finances teste la capacité du gouvernement à traduire ses engagements sociaux en mesures budgétaires concrètes tout en maintenant les équilibres macroéconomiques exigés par les partenaires financiers internationaux. L'issue des débats cond…
À suivre
Adoption des amendements sur le ciblage des mesures sociales et la fiscalité locale
Mise en place effective des six sociétés régionales de distribution agricole
Évolution des recettes fiscales après relèvement du seuil d'exonération IR
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas le calendrier précis des prochaines étapes (commission, plénière, vote), ni le détail des amendements déposés. Elles ne chiffrent pas l'impact de la réforme IR sur les recettes, ni ne confirment le calendrier de création des six sociétés régionales agricoles. Le texte du PJD est cité de manière partielle (coupure).
Le dossier en contexte
Dossier
- Institution Parlement du Maroc 13 sources · 309 articles
Ce que rapportent les sources
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Hypothèses macroéconomiques : croissance 3,7 %, déficit 3 % du PIB, dette du Trésor 66,9 % du PIB, investissement public 400 milliards de dirhams.
Attribué · 2 sources -
Fiscalité : relèvement du seuil d'exonération IR de 40 000 à 60 000 dirhams/an, réduction progressive du taux marginal maximal à 30 % (objectif 2031).
Attribué · 2 sources -
Mesure sociale : pension des veuves portée de 50 % à 100 % de celle du défunt, enveloppe 7,3 milliards de dirhams pour 431 000 bénéficiaires.
Attribué · 2 sources
Chronologie
- PLF 2027 : pouvoir d’achat, fiscalité et investissement au cœur des débats parlementaires
- Chambre des représentants: le programme gouvernemental adopté à la majorité absolue