La fonction publique marocaine s'apprête à absorber 70.266 départs à la retraite de fonctionnaires civils de l'État sur la période 2026-2030, selon le rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances 2027 publié par le ministère de l'Économie, des Finances et de la Performance publique.
L'Éducation nationale et le Préscolaire concentrent la part la plus importante de ces départs avec 28.012 fonctionnaires concernés, soit près de 40% du total. Le département de l'Intérieur arrive en deuxième position avec 15.945 départs prévus, suivi par la Santé (5.645), l'Enseignement supérieur (4.793), l'Économie et les Finances (2.792) et la Justice (2.307).
Ces perspectives s'inscrivent dans une dynamique structurelle déjà observée sur la décennie précédente. Le rapport indique que les départs à la retraite ont représenté plus de 81% des suppressions de postes budgétaires enregistrées dans les différents départements entre 2016 et 2026, constituant le principal facteur de réduction des effectifs budgétaires.
Sur la période 2016-2026, l'Éducation nationale a concentré 61,9% des postes supprimés, soit 121.048 postes sur un total d'environ 195.000 suppressions tous départements confondus. La Santé représente 12% du total avec 23.492 postes, l'Intérieur 7,1% avec 13.855 postes, l'Enseignement supérieur 4,9% avec 9.649 postes, l'Économie et les Finances 3,1% avec 6.030 postes et l'Agriculture 2% avec 4.005 postes.
La répartition par groupes d'échelles révèle une concentration marquée sur les cadres. Les postes occupés par les fonctionnaires classés à l'échelle 10 et au-delà représentent 81,9% des suppressions effectuées entre 2016 et 2026. Le personnel d'exécution (échelle 6 et assimilés) en représente 9,5%, contre 8,6% pour le personnel de maîtrise classé aux échelles 7 à 9.
Le document, consultable sur le site du ministère de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, ne détaille pas les mesures de remplacement ou de recrutement prévues pour compenser ces départs massifs, ni l'impact budgétaire net de cette vague de retraites sur la masse salariale de l'État.
Les sources disponibles, qui reprennent les mêmes données issues du rapport officiel, ne précisent pas la ventilation annuelle des 70.266 départs attendus sur la période 2026-2030, ni les éventuelles différences entre les projections du PLF 2027 et les réalisations effectives des années antérieures.
Contexte
Ce rapport sur les ressources humaines, annexé au projet de loi de finances, constitue l'outil principal de pilotage des effectifs de l'État. La concentration des départs à l'Éducation nationale et à l'Intérieur reflète le poids démographique de ces deux départements dans la fonction publique, tandis que la part prépondérante des cadres dans les suppressions de postes (81,9%) signale un vieillissement marqué de l'encadrement supérieur de l'administration.
Pourquoi c’est important
L'ampleur de cette vague de départs — 70.000 agents sur cinq ans, dont 40% dans l'Éducation — pose la question du renouvellement des compétences dans les services publics essentiels. Le fait que les retraites aient absorbé 81% des suppressions de postes sur l…
À suivre
La publication des décrets de recrutement et de nomination pour 2026-2027 afin de mesurer l'adéquation entre départs et remplacements.
L'évolution de la masse salariale dans les prochains PLF, notamment l'impact net des départs (économie de salaires) versus le coût des nouveaux recrutements.
La ventilation par académie et par direction régionale pour l'Éducation nationale et l'Intérieur, qui concentrent les deux tiers des départs.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les deux sources (TelQuel et Infomédiaire) reprennent les mêmes données du rapport officiel sans analyse indépendante. Le rapport ne détaille pas : la répartition annuelle des 70.266 départs, les mesures de remplacement prévues, l'impact budgétaire net, ni les taux de remplacement effectifs par département. Aucune source ne cite de déclaration ministérielle ou de plan d'action associé.