Le mercredi 20 mai 2026, le réseau associatif marocain We4She a organisé sa conférence annuelle à Casablanca, rassemblant des personnalités reconnues dans le domaine du leadership féminin et de l’égalité économique. L’événement a servi de plateforme pour exposer les constats chiffrés du pays et pour lancer un plaidoyer visant à transformer les structures économiques afin d’accroître la participation des femmes aux postes décisionnels.
Parmi les intervenants, Marie‑Pierre Rixain, députée française et auteure d’une loi française sur l’égalité économique, a partagé son expérience législative, tandis que Myriem Noussaïri, représentante d’ONU Femmes Maroc, a apporté une perspective internationale sur les enjeux de genre dans la région MENA. Houda Chafil, Directrice Générale Adjointe de CIH Bank, a illustré le rôle du secteur bancaire dans la promotion de la diversité, et Jamal Belahrach, CEO de DEO Conseil, a présenté des analyses stratégiques pour les entreprises.
Les participants ont souligné que le Maroc possède l’un des taux d’activité féminine les plus bas du bassin MENA, à 19 %, et que seulement 13 % des entreprises marocaines sont dirigées par des femmes. Le pays se classe ainsi au 137ᵉ rang sur 146 dans le Global Gender Gap Report 2024, ce qui indique un écart important entre les hommes et les femmes dans l’accès aux postes de direction et aux opportunités économiques.
Face à ces chiffres, le réseau We4She a présenté un document de plaidoyer fondé sur une analyse approfondie. Ce texte propose des mesures concrètes, telles que l’adoption de quotas temporaires, le renforcement des programmes de mentorat et la mise en place de mécanismes de suivi des indicateurs de mixité, afin d’accélérer l’inclusion économique des femmes et d’améliorer leur représentation dans les instances de décision.
Le plaidoyer insiste sur la nécessité de dépasser la simple sensibilisation pour atteindre une transformation structurelle. Selon les intervenants, la diversification des équipes de direction ne doit pas être perçue comme un symbole, mais comme un levier de performance économique et de compétitivité nationale, capable de générer des gains de productivité et d’innovation au sein des entreprises marocaines.
Lors de la même soirée, le prix « Entreprise Championne de la Diversité de Genre 2026 » a été remis à l’entreprise signataire de la Charte We4She qui a réalisé les meilleurs progrès sur les indicateurs de mixité. Cette distinction vise à valoriser les initiatives concrètes et à encourager d’autres organisations à suivre le même modèle d’inclusion.
Les organisateurs ont indiqué que le plaidoyer sera diffusé auprès des décideurs publics et privés afin d’alimenter le débat et de soutenir l’élaboration de politiques publiques favorisant la parité. Ils ont toutefois souligné que la mise en œuvre de ces recommandations dépendra de la volonté politique et de l’engagement des acteurs économiques, laissant plusieurs points à vérifier dans les mois à venir.
Contexte
Le Maroc, malgré des avancées législatives récentes, reste en retrait par rapport à ses voisins régionaux en matière de participation féminine au marché du travail et aux postes de direction, ce qui rend les initiatives comme celle de We4She particulièrement pertinentes pour combler ce fossé.
Pourquoi c’est important
Améliorer la représentation des femmes dans les instances de décision est considéré comme un facteur clé de croissance inclusive, permettant de mobiliser un vivier de talents sous‑exploité et de renforcer la résilience économique du pays.
À suivre
L’adoption éventuelle de mesures législatives ou réglementaires inspirées du plaidoyer de We4She.
Les engagements publics des entreprises marocaines signataires de la Charte We4She concernant les indicateurs de mixité.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les engagements financiers, les échéances précises ni les modalités de suivi du plaidoyer présenté par We4She.