Le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS) a rendu publics, mardi 23 septembre 2025 au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat, les résultats des exercices de stress tests appliqués aux compagnies d’assurances. Selon le communiqué publié à l’issue de la vingt-troisième réunion du comité, ces tests confirment une résilience globale du secteur face à des conditions macroéconomiques et techniques défavorables simulées pour l’année en cours. Les scénarios retenus incluaient des hypothèses de ralentissement économique et de tensions sur les marchés financiers, sans que cela n’affecte significativement la stabilité des assureurs marocains.
Le secteur des assurances a enregistré un chiffre d’affaires global de 63,2 milliards de dirhams à fin 2025, marquant une progression de 7,5 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance est portée à la fois par la branche vie, qui affiche une hausse de 8,4 %, et par la branche non-vie, en progression de 6,6 %. La branche vie a bénéficié d’un regain de dynamisme, notamment grâce à l’activité épargne dont la collecte a progressé de 8,9 %, confirmant une tendance amorcée en 2024. Ces chiffres illustrent une capacité du secteur à maintenir son expansion malgré un environnement économique globalement favorable mais marqué par des incertitudes persistantes.
Sur le plan de la rentabilité, le secteur a dégagé un résultat net de 5,3 milliards de dirhams, en hausse de 21,4 % par rapport à 2024. Cette amélioration est principalement attribuée à la bonne performance du résultat financier, elle-même soutenue par la hausse des plus-values latentes. Le rendement des fonds propres (ROE) a atteint 11,1 %, soit le niveau le plus élevé enregistré sur les dix dernières années. Cette performance financière reflète une gestion rigoureuse des actifs et une adaptation aux évolutions des marchés, notamment boursiers.
Les plus-values latentes se sont fortement renforcées pour atteindre 62,5 milliards de dirhams, représentant un ratio de 23,8 % sur les placements. Cette progression est principalement portée par l’amélioration des valorisations boursières, dans un contexte marqué par deux années consécutives de forte hausse de l’indice MASI. L’enrichissement des plus-values latentes a contribué à renforcer les éléments constitutifs de la marge de solvabilité du secteur, améliorant ainsi sa capacité à absorber d’éventuels chocs futurs.
Le ratio de solvabilité du secteur s’est établi à un niveau supérieur aux exigences réglementaires, confirmant la solidité financière des compagnies. Cette marge de sécurité accrue permet aux assureurs de faire face à des scénarios de stress plus sévères que ceux simulés dans les tests 2025. Les résultats indiquent également une amélioration de la liquidité, avec des actifs disponibles couvrant largement les engagements à court terme. Ces indicateurs renforcent la confiance des investisseurs et des assurés dans la stabilité du secteur.
Les stress tests ont évalué la capacité des compagnies à résister à des chocs combinés, incluant une baisse des taux d’intérêt, une dépréciation de la monnaie nationale et une volatilité accrue des marchés actions. Malgré ces hypothèses défavorables, le secteur a démontré une capacité à maintenir ses ratios de solvabilité et sa rentabilité. Les résultats confirment que les assureurs marocains ont renforcé leurs mécanismes de gestion des risques et diversifié leurs sources de revenus.
Les données publiées par le CCSRS ne précisent pas encore les noms des compagnies ayant participé aux stress tests ni les détails des scénarios appliqués. Le communiqué souligne cependant que l’ensemble des acteurs du secteur a été évalué, sans distinction de taille ou de spécialisation. Les résultats globaux masquent donc des disparités potentielles entre les différentes structures, qui pourraient être analysées dans des rapports ultérieurs.
Les prochains exercices de stress tests, prévus pour 2026, intégreront des scénarios actualisés en fonction des évolutions économiques et réglementaires. Le CCSRS a indiqué que ces tests continueront de jouer un rôle clé dans le suivi de la résilience du secteur. Les compagnies sont invitées à renforcer leurs dispositifs de gestion des risques pour anticiper d’éventuels retournements de conjoncture.
Pourquoi c’est important
La publication de ces résultats offre une visibilité inédite sur la santé financière du secteur des assurances, un pilier de la stabilité économique marocaine. La résilience démontrée par les compagnies renforce la confiance des assurés et des investisseurs,…
À suivre
L’évolution des plus-values latentes et leur impact sur la rentabilité des compagnies dans les prochains trimestres.
Les éventuelles disparités de résilience entre les différentes compagnies, non détaillées dans le communiqué.
Les ajustements réglementaires que pourraient entraîner ces résultats, notamment en matière de ratios de solvabilité.
Ce que les sources ne disent pas encore
Le communiqué du CCSRS ne précise pas les noms des compagnies ayant participé aux stress tests ni les détails des scénarios appliqués. Les résultats globaux ne permettent pas d’identifier d’éventuelles disparités entre les acteurs du secteur. Par ailleurs, aucune projection n’est fournie pour les années suivantes, limitant la portée prospective de l’analyse.