Le forum Africa CEO, organisé les 14 et 15 mai à Kigali, a placé la souveraineté alimentaire au cœur des débats, rappelant que les tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et la crise du détroit d’Ormuz, ont exacerbé la dépendance de l’Afrique aux importations alimentaires et mis en évidence la nécessité de repenser les stratégies nationales.
L’Afrique compte 1,4 milliard d’habitants, et l’agriculture représente le principal moyen de subsistance pour plus de la moitié de la population. Malgré cette importance, l’insécurité alimentaire touche une personne sur deux, qui subit des pénuries modérées à graves, soulignant l’urgence d’une approche plus résiliente du secteur agricole.
Les obstacles à la souveraineté alimentaire sont multiples : les aléas climatiques récurrents, le manque d’infrastructures de stockage, la faiblesse des systèmes d’irrigation et, surtout, le sous‑investissement dans l’innovation et la recherche‑développement, qui freinent la capacité du continent à augmenter sa production locale de façon durable.
Olivier Buyoya, directeur régional de l’International Finance Corporation (IFC) du groupe Banque mondiale, a rappelé que le changement climatique n’est plus une hypothèse théorique dans des pays comme le Tchad ou Niamey, où la chaleur extrême et la raréfaction de l’eau sont déjà une réalité quotidienne, imposant une adaptation immédiate des pratiques agricoles.
Face à ces constats, les participants du forum ont souligné que le recours à la recherche et au développement constitue la voie la plus prometteuse pour améliorer la productivité tout en réduisant la consommation d’eau, notamment grâce à des technologies d’irrigation plus efficaces et à la sélection de variétés de cultures résilientes au climat.
Les informations disponibles ne précisent pas les mesures concrètes que le Maroc ou d’autres pays africains envisagent de mettre en œuvre pour réduire la part d’eau allouée à l’agriculture exportatrice, ni les montants d’investissement prévus dans la R&D agricole, ce qui limite l’évaluation de l’impact potentiel de ces initiatives.
Il reste à suivre les engagements pris lors du forum, notamment la mise en place de programmes de recherche, le renforcement des infrastructures de stockage et l’amélioration des systèmes d’irrigation, afin de mesurer dans les mois à venir si ces actions contribueront réellement à renforcer la souveraineté alimentaire du continent.
Contexte
La souveraineté alimentaire, définie comme la capacité d’un pays à produire suffisamment de nourriture pour sa population, est devenue un enjeu central en Afrique, où la dépendance aux importations expose les économies aux fluctuations géopolitiques et climatiques.
Pourquoi c’est important
Comprendre les tensions entre agriculture exportatrice et besoins de consommation locale au Maroc permet d’identifier les leviers d’action nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire du pays et, par extension, du continent africain.
À suivre
Les projets de recherche et d’innovation annoncés lors de l’Africa CEO Forum.
Les évolutions des politiques d’irrigation et de gestion de l’eau au Maroc.
Les investissements publics ou privés dans les infrastructures de stockage alimentaire en Afrique.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne détaillent pas les politiques spécifiques adoptées par le Maroc, les montants d’investissement prévus ni les échéanciers de mise en œuvre des initiatives de R&D évoquées lors du forum.