Les équipes de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP) ont relevé, au cours de cinq mois de travail effectif, des traces de fournaises, de moules et de pièces de monnaie en argent, témoignant d'une production monétaire locale destinée aux échanges transsahariens.
Ces découvertes confirment les écrits historiques qui décrivaient Sijilmassa comme le point d'échange où l'or du Ghana et du Niger était converti en sel et en produits manufacturés pour le nord du Maghreb.
Le financement du projet, annoncé à 156 millions de dirhams, provient d'une enveloppe budgétaire allouée directement par le ministère de la Culture, ce qui en fait l'un des plus importants investissements publics dans le patrimoine archéologique marocain depuis 2017.
Le plan de valorisation prévoit la mise en place d'un parc archéologique, d'un centre d'interprétation et d'infrastructures d'accueil touristique, afin de transformer le site en une destination culturelle majeure dans la région de Rissani.
Des archéologues indépendants ont toutefois critiqué la cadence du chantier, estimant que la pression pour ouvrir le site au public pourrait compromettre la rigueur scientifique et la préservation du contexte stratigraphique.
Le débat s'est intensifié après la publication d'un rapport interne de l'INSAP, qui signale des divergences entre les équipes de terrain et les responsables du projet quant aux méthodes de documentation et de conservation des artefacts découverts.
Le ministère de la Culture a réaffirmé son engagement à respecter les normes internationales en matière de fouilles, tout en soulignant l'importance économique et éducative d'un site accessible aux visiteurs nationaux et étrangers.
Par ailleurs, la localisation du site le long de l'Oued Ziz implique des considérations environnementales, notamment la gestion de l'érosion et la protection des ressources hydriques, qui sont intégrées au plan de développement.
Les autorités locales de Rissani attendent que le projet génère des retombées économiques, notamment la création d'emplois dans le secteur du tourisme et le dynamisme des commerces de proximité.
Enfin, le suivi du chantier sera assuré par un comité mixte composé de représentants de l'INSAP, du ministère de la Culture et d'experts internationaux, afin de garantir la transparence et la conformité aux standards archéologiques.
Contexte
Sijilmassa, située aux abords de Rissani dans la vallée de l'Oued Ziz, a longtemps été évoquée dans les récits de caravanes traversant le Sahara, mais n'avait jusqu'à récemment bénéficié que de recherches limitées, le site n'étant classé patrimoine national qu'en 2017.
Pourquoi c’est important
La mise au jour d'un atelier monétaire à Sijilmassa offre une preuve matérielle du rôle économique de la cité dans les réseaux transsahariens, tout en posant la question de la manière dont le Maroc concilie valorisation touristique et préservation scientifiqu…
À suivre
L'évolution du calendrier de construction du parc archéologique et du centre d'interprétation.
Les éventuelles recommandations du comité mixte d'experts sur les pratiques de fouilles et de conservation.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas le nombre exact de pièces découvertes, ni les détails techniques du programme de conservation à long terme, ce qui limite l'évaluation complète de l'impact scientifique du chantier.