Présenté le 15 mai 2026 lors d’une conférence de presse conjointe du ministre de la Santé, Amine Tehraoui, et du ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine Midaoui, le décret vise à moderniser les parcours de formation des étudiants en santé et à répondre aux besoins du système national de santé.
Le texte supprime le statut d’étudiant observateur et revoit les catégories d’étudiants en externat, interne et résident, afin d’harmoniser les étapes de formation et de simplifier la progression académique.
Selon les ministres, la réforme passe d’une logique de contrainte, où les jeunes spécialistes étaient tenus à huit années de service public, à une logique de fidélisation volontaire, en offrant un engagement plus court et progressif.
Le calendrier de transition prévoit une réduction de l’engagement obligatoire à six ans à partir de 2028, puis à quatre ans en 2030, avant d’atteindre le seuil définitif de trois ans en 2032.
Cette évolution s’accompagne de la mise en place d’un « internat avancé » accessible dès la quatrième année d’études, permettant aux étudiants de commencer plus tôt leur spécialisation et de réduire le temps total de formation.
Le gouvernement justifie la mesure par la nécessité d’ajuster les effectifs médicaux aux besoins réels du pays, en particulier dans les zones sous‑dotées, tout en rendant le secteur public plus attractif pour les jeunes diplômés.
Des représentants des syndicats de médecins résidents ont exprimé des réserves, soulignant que la réduction de la durée d’engagement pourrait limiter la continuité des soins dans les hôpitaux publics si les postes ne sont pas pourvus rapidement.
Le ministère de la Santé a indiqué que des dispositifs d’accompagnement, tels que des incitations financières et des possibilités de formation continue, seront mis en place pour garantir la stabilité du personnel pendant la période de transition.
Le décret prévoit également une révision des critères de sélection et d’affectation des résidents, afin d’optimiser la répartition géographique des spécialistes et de réduire les déséquilibres entre les régions urbaines et rurales.
Contexte
Le secteur de la santé au Maroc fait face depuis plusieurs années à un déséquilibre entre l’offre et la demande, avec une concentration des spécialistes dans les grandes villes et une pénurie de praticiens dans les zones rurales, ce qui a motivé les autorités à repenser le modèle d’engagement obligatoire.
Pourquoi c’est important
En réduisant la durée d’engagement obligatoire, le gouvernement espère rendre le service public plus attractif pour les jeunes spécialistes, tout en libérant des ressources humaines pour répondre plus rapidement aux besoins des populations sous‑servies, ce qu…
À suivre
L’application concrète du calendrier de réduction d’engagement entre 2026 et 2032, notamment les premiers ajustements en 2028.
L’impact sur la répartition des spécialistes entre les régions, mesuré par les affectations de résidents dans les hôpitaux publics.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les montants des incitations financières prévues ni les modalités exactes de suivi des affectations géographiques des résidents après la réforme.