Le Conseil de la concurrence a indiqué, ce jeudi 16 juillet 2026, que l'investigation ouverte en avril 2024 sur la filière de la sardine avance vers son terme. Le régulateur mène actuellement des échanges avec l'Office national des pêches (ONP) et le ministère de tutelle pour finaliser son analyse. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de comprendre précisément comment se forment les tarifs, en remontant le fil de la chaîne de distribution, depuis le débarquement jusqu'à l'étal du détaillant.
La problématique centrale de cette enquête réside dans la disparité des prix constatés. Actuellement, le kilo de sardines peut être vendu entre 15 et 30 dirhams au consommateur final. Cette variation tarifaire suscite des interrogations régulières, particulièrement au regard de la position du Royaume en tant que premier producteur mondial de cette ressource halieutique. L'enjeu est de déterminer si ces niveaux de prix résultent des mécanismes normaux du marché ou de pratiques spécifiques.
Le dispositif d'enquête se concentre sur la transparence de chaque maillon de la chaîne. Entre la criée, le transport, la distribution de gros et la revente au détail, chaque intermédiaire intervient successivement. L'investigation cherche à identifier si les coûts ajoutés par ces différents acteurs contribuent de manière disproportionnée au tarif final payé par les ménages marocains.
Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a souligné l'importance de la définition des prix dès la criée. Selon lui, le renforcement du rôle du marché organisé est essentiel pour garantir une meilleure lisibilité. L'objectif est de s'assurer que la formation des prix est transparente dès le premier point de vente, afin d'éviter les écarts injustifiés entre les prix en amont et ceux pratiqués en bout de chaîne.
L'Office national des pêches (ONP) joue un rôle pivot dans ce processus en tant que gestionnaire des halles de vente. Ces infrastructures sont les points de transit majeurs pour une partie importante des captures de sardines. La transparence des transactions au sein de ces halles est donc un élément clé pour la compréhension globale de la filière et de la formation des prix de gros.
Pour répondre au besoin d'information des acteurs, l'ONP a exprimé son engagement à publier les prix issus des halles de vente. Ces données seront diffusées sous forme de mercuriales accessibles sur le site internet de l'institution. Cette mesure vise à informer les distributeurs finaux ainsi que les consommateurs sur les prix réels pratiqués lors des transactions de gros.
Bien que le travail d'analyse soit largement avancé, aucune conclusion publique définitive n'a encore été annoncée par le régulateur. Le dossier est actuellement dans une phase de discussions avec les principaux acteurs concernés, incluant le ministère de tutelle, pour finaliser l'examen de l'organisation commerciale et du fonctionnement de la filière.
La finalisation de cette enquête permettra de clarifier la lisibilité des circuits de mise en marché. En examinant si les hausses de prix relèvent de la dynamique normale du marché, le Conseil de la concurrence cherche à apporter une réponse concrète aux préoccupations liées au coût de cette ressource essentielle pour la consommation nationale.
Contexte
Le Maroc occupe une position de premier producteur mondial de sardines, faisant de cette ressource un élément central de la sécurité alimentaire et de l'économie halieutique du pays.
Pourquoi c’est important
La transparence des prix dans la filière de la sardine est cruciale pour stabiliser le pouvoir d'achat des ménages et assurer une concurrence loyale entre les intermédiaires de la chaîne de distribution.
À suivre
La publication des conclusions définitives du Conseil de la concurrence.
La mise en œuvre effective de la publication des mercuriales par l'ONP.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la date exacte de la publication des conclusions finales ni les éventuelles sanctions ou mesures correctives prévues.