Pickalbatros, basé au Caire, n’en est pas à son coup d’essai au Maroc. Dès 2010, le groupe avait repris trois hôtels Royal Mirage à Marrakech, Fès et Agadir, placés en redressement judiciaire par leur propriétaire émirati Liwa International. Ces établissements, totalisant 661 chambres, ont été relancés sous la bannière Pickalbatros. Cette approche, consistant à reprendre des actifs en difficulté pour les redresser, est au cœur de sa méthode.
En 2012, le groupe a diversifié ses activités avec l’ouverture de l’Aqua Fun Club Resort sur la route d’Ourika, premier grand parc aquatique de Marrakech. Ce projet illustre une stratégie élargie au-delà de l’hôtellerie, intégrant des infrastructures de loisirs. Deux ans plus tard, en 2014, Pickalbatros a lancé la construction du Menara Mall, plus grand centre commercial de Marrakech, sur un terrain de 5 hectares.
Le Menara Mall, inauguré en 2015, représente un investissement total de 1,5 milliard de dirhams, financé à 96 % par des fonds propres du groupe. Ce projet s’accompagne du Savoy Le Grand Hotel, un établissement haut de gamme adjacent au centre commercial, ainsi que du White Beach, renforçant ainsi sa présence dans la ville. Ces réalisations ont permis à Pickalbatros de s’imposer comme un acteur structurant du tourisme marocain.
Les deux acquisitions récentes à Casablanca s’inscrivent dans cette dynamique. Le Sofitel Tour Blanche, cédé par Risma pour 450 MDH, et le Mövenpick Casablanca, racheté à Sanlam Morocco et Luxor SA, marquent une nouvelle étape. Ces transactions, finalisées en moins de deux mois, révèlent une volonté d’expansion rapide dans la capitale économique marocaine.
Le groupe égyptien mise sur des actifs emblématiques pour renforcer sa position. Le Mövenpick Casablanca, connu pour son emplacement stratégique, et le Sofitel Tour Blanche, symbole du luxe à Casablanca, sont des cibles de choix. Leur acquisition permet à Pickalbatros de diversifier son portefeuille tout en capitalisant sur des marques internationales.
Ces rachats interviennent alors que le secteur hôtelier marocain connaît des mutations. Les difficultés financières de certains propriétaires, comme celles ayant conduit au redressement judiciaire des Royal Mirage en 2010, offrent des opportunités d’acquisition. Pickalbatros capitalise sur ces situations pour étendre son influence.
La validation par le Conseil de la concurrence reste une étape formelle avant la finalisation des transactions. Si ces accords sont confirmés, ils pourraient renforcer la présence de Pickalbatros dans un marché concurrentiel comme celui de Casablanca. Le groupe pourrait ainsi poursuivre sa stratégie d’acquisitions dans d’autres villes du Royaume.
Les projets passés de Pickalbatros au Maroc montrent une capacité à transformer des actifs en difficulté en opportunités rentables. Le redressement des Royal Mirage et la réussite du Menara Mall témoignent de cette expertise. Ces succès passés pourraient inspirer confiance pour les nouvelles acquisitions casablancaises.
Cependant, l’ampleur des investissements récents soulève des questions sur la soutenabilité financière du groupe. Le financement du Menara Mall, entièrement autofinancé, et les acquisitions à Casablanca, impliquant des montants élevés, nécessitent une gestion rigoureuse. La rentabilité de ces projets à moyen terme reste un point à surveiller.
Pour l’heure, Pickalbatros confirme sa volonté de s’ancrer durablement au Maroc. Les acquisitions à Casablanca, couplées à ses réalisations passées, dessinent une stratégie d’expansion ambitieuse. Le groupe pourrait prochainement cibler d’autres segments du marché ou d’autres régions, renforçant ainsi sa position dans le tourisme marocain.
Contexte
Le secteur hôtelier marocain a connu plusieurs vagues de restructurations ces dernières années. Des groupes internationaux comme Accor ou Marriott ont renforcé leur présence, tandis que des acteurs locaux ont cédé des actifs pour des raisons financières. Dans ce contexte, des groupes comme Pickalbatros trouvent des opportunités pour étendre leur portefeuille. Casablanca, en tant que hub économique, attire particulièrement les investisseurs étrangers.
Pourquoi c’est important
Ces acquisitions illustrent une tendance plus large : l’arrivée d’investisseurs étrangers dans le tourisme marocain, notamment égyptiens. Pickalbatros, avec son expérience de redressement d’actifs, pourrait jouer un rôle clé dans la modernisation du secteur.…
À suivre
La validation des transactions par le Conseil de la concurrence, qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines.
La performance financière des nouveaux actifs acquis, notamment leur rentabilité à moyen terme.
D’éventuelles nouvelles acquisitions de Pickalbatros au Maroc, qui pourraient cibler d’autres villes ou segments du marché.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les modalités financières exactes des acquisitions du Mövenpick Casablanca ni les détails des accords avec Sanlam Morocco et Luxor SA. De même, le calendrier précis des validations par le Conseil de la concurrence n’est pas indiqué. Enfin, l’impact de ces transactions sur l’emploi local ou les fournisseurs n’est pas documenté.