Le 8 juillet 2026, la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM) a adressé une correspondance urgente au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Le courrier porte sur le projet de décret n° 2.25.631, qui modifie et complète le décret n° 2.13.852 relatif à la fixation du prix de vente des médicaments. L’organisation syndicale y sollicite l’intervention personnelle du chef du gouvernement pour obtenir le report de l’examen du texte, déjà inscrit à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement.
Dans sa lettre, la CSPM fonde sa demande sur des « défaillances substantielles » dans la procédure d’élaboration du projet. Elle dénonce notamment le non-respect de l’approche participative garantie par la Constitution, en citant explicitement l’article 13 du texte fondamental. Cet article impose d’associer effectivement les organismes professionnels concernés à l’élaboration des politiques publiques touchant à leurs intérêts. La CSPM avait déjà exprimé son indignation la veille dans un communiqué, marquant ainsi une escalade dans sa contestation du texte.
Le président de la CSPM, Mohamed Lahbabi, rappelle dans sa missive avoir participé « de bonne foi » au processus de concertation engagé par le ministère de la Santé et de la Protection sociale. Il évoque quatre réunions officielles ainsi que la présentation d’une note détaillée. Selon lui, ce document visait deux objectifs : garantir l’accès des citoyens aux médicaments à des prix adaptés tout en préservant l’équilibre économique du réseau national des officines.
La CSPM souligne que sa note, restée sans effet, n’a pas été prise en compte dans la version finale du décret. Elle estime que le ministère n’a pas intégré les propositions formulées lors des réunions, malgré leur caractère technique et leur pertinence pour le secteur. Cette omission, selon l’organisation, illustre un manque de transparence dans l’élaboration du texte.
La CSPM demande explicitement le report de l’examen du décret au Conseil de gouvernement. Elle argue que l’adoption du texte dans sa forme actuelle pourrait avoir des conséquences négatives sur l’accès aux médicaments pour les citoyens, ainsi que sur la viabilité économique des officines. L’organisation insiste sur la nécessité de respecter les procédures constitutionnelles avant toute adoption.
Dans son courrier, Mohamed Lahbabi rappelle que la CSPM avait déjà alerté le ministère sur les risques liés à une adoption hâtive du décret. Il souligne que les pharmaciens, en tant que professionnels de santé, sont les mieux placés pour évaluer l’impact des mesures sur le terrain. Leur exclusion du processus décisionnel final est présentée comme une faille majeure.
La CSPM n’exclut pas de recourir à d’autres moyens pour faire entendre ses revendications. Elle évoque la possibilité de mobilisations ou de recours juridiques si le décret est adopté sans modification. L’organisation insiste sur le fait que la concertation doit être un préalable obligatoire, et non une simple formalité.
Pour l’instant, aucune réponse officielle du chef du gouvernement ou du ministère de la Santé n’a été rendue publique. La CSPM attend une réaction concrète avant la tenue du Conseil de gouvernement, où le texte doit être examiné. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le décret sera reporté ou maintenu tel quel.
Contexte
Ce projet de décret s’inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à encadrer davantage le marché des médicaments, un secteur sensible pour l’accès aux soins et la viabilité des officines. Les pharmaciens, acteurs centraux de ce système, estiment que leur expertise n’a pas été suffisamment prise en compte dans l’élaboration du texte.
Pourquoi c’est important
Ce différend illustre les tensions entre l’État et les professionnels de santé sur la gouvernance des politiques publiques. Il pose la question de la légitimité des décisions administratives lorsque les parties concernées estiment avoir été exclues du process…
À suivre
La réaction officielle du chef du gouvernement ou du ministère de la Santé à la demande de report.
L’éventuelle mobilisation des pharmaciens ou le recours à des actions juridiques si le décret est adopté sans modification.
Les suites données à la note détaillée présentée par la CSPM lors des réunions de concertation.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas si d’autres acteurs du secteur pharmaceutique ou des institutions publiques ont réagi à la demande de la CSPM. Aucune information n’est disponible sur les éventuelles suites données à la note présentée par l’organisation. Le contenu exact des propositions de la CSPM n’est pas détaillé dans les sources.