Les indicateurs de Bank Al‑Maghrib (BAM) et de l’ANCFCC montrent que le volume des transactions immobilières a chuté de 40,2 % au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’inscrit dans une tendance de ralentissement du marché, sans toutefois être accompagnée d’une forte baisse des prix.
L’indice des prix de l’immobilier (IPAI) n’a reculé que de 2,4 % sur la même période, avec une baisse annuelle de 0,4 %. La méthodologie de l’IPAI, basée sur la méthode des « ventes répétées », ne prend en compte que les biens ayant fait l’objet d’au moins deux transactions durant la période d’observation, limitant ainsi l’indice au segment de la revente.
Parallèlement, le marché du neuf est influencé par le programme d’aide directe au logement, Daam Sakane, lancé en octobre 2023. Ce dispositif a capté une partie de la demande qui s’éloigne du marché de la revente, avec plus de 105 000 ménages bénéficiaires sur 218 000 demandes déposées.
Les données indiquent que la valeur cumulée des logements aidés dépasse 41 milliards de dirhams. Cette aide a contribué à maintenir la demande globale, mais n’a pas suffi à compenser la baisse du volume des transactions.
Le secteur fait face à des obstacles administratifs qui ralentissent les transactions, notamment l’obtention des permis d’habiter, des permis de construire ou la division des titres fonciers hérités. De plus, une réforme entrée en vigueur le 1er juin impose l’enregistrement des procurations dans un registre national géré par les tribunaux, sous peine d’invalidité de la transaction.
Malgré l’augmentation des délais de vente et des stocks disponibles, les prix ne subissent pas de baisse significative. Les promoteurs immobiliers justifient cette situation par la hausse du coût des terrains et des matériaux de construction, rendant toute baisse de prix synonyme de vente à perte.
Contexte
Le marché immobilier marocain est caractérisé par une forte déconnexion entre le volume des transactions et l’évolution des prix, un phénomène qui a été mis en évidence par les données récentes de Bank Al‑Maghrib et de l’ANCFCC.
Pourquoi c’est important
Cette divergence entre volume et prix révèle des tensions structurelles dans le secteur, notamment la dépendance au marché du neuf et les contraintes administratives qui freinent les transactions.
À suivre
Évolution de la méthodologie de l’IPAI pour inclure un éventail plus large de transactions.
Impact continu du programme Daam Sakane sur la demande globale.
Réponses des autorités aux obstacles administratifs et aux réformes récentes.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les raisons exactes de la hausse des coûts des terrains et des matériaux, ni les détails précis des réformes administratives mises en place après le 1er juin.