La rencontre de Lisbonne entre Leïla Benali et Maria da Graça Carvalho a marqué une étape décisive pour ce projet d'interconnexion. Les deux ministres ont exprimé l'ambition de rendre l'énergie plus abordable pour les populations et les secteurs économiques des deux pays. Cette initiative vise à garantir une énergie à des prix compétitifs grâce à une meilleure intégration des réseaux électriques entre le Maroc et le Portugal.
Pour soutenir cette ambition, les deux nations entendent solliciter la Commission européenne. L'objectif est de faire reconnaître ce projet comme un projet d'intérêt commun (PIC) de l'Union européenne. Une telle reconnaissance permettrait au projet de bénéficier des mécanismes de financement européens, un levier essentiel pour la viabilité technique et économique de l'infrastructure envisagée.
Le dossier sera présenté officiellement à Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée d’une transition propre, juste et compétitive. Cette étape est cruciale pour évaluer l'intérêt de l'Union européenne pour une inscription du projet parmi les priorités à l'échelle du continent. La démarche vise à intégrer cette liaison dans une vision de coopération élargie entre l'Europe et l'Afrique.
Parallèlement aux démarches auprès de l'Union européenne, les deux pays explorent la mobilisation de financements privés. Un appel à manifestation impliquant les gestionnaires de réseaux et les entreprises de services publics est envisagé. Cette stratégie cherche à diversifier les sources de financement tout en explorant les opportunités offertes par le secteur privé pour la réalisation de l'infrastructure.
Le projet trouve un écho particulier suite à la panne électrique majeure ayant affecté l'Espagne et le Portugal en avril 2025. Cet événement a mis en lumière les vulnérabilités des liaisons électriques actuelles de la péninsule Ibérique avec le reste de l'Europe. Actuellement, le Portugal ne dispose que d'une connexion avec l'Espagne, ce qui limite ses options en cas de perturbations du réseau.
L'interconnexion avec le Maroc est présentée comme une alternative pour renforcer la sécurité énergétique. En créant une nouvelle voie de liaison, les deux pays cherchent à sécuriser l'approvisionnement et à limiter les risques de coupures. Ce dispositif technique permettrait de diversifier les flux d'énergie et de stabiliser les réseaux nationaux face aux aléas techniques ou climatiques.
La configuration technique du projet reste encore à définir précisément. La ministre portugaise Maria da Graça Carvalho a précisé qu'il est prématuré de déterminer si l'infrastructure prendra la forme d'un câble sous-marin direct entre le Portugal et le Maroc ou si elle utilisera partiellement les infrastructures existantes. La nature exacte du dispositif technique dépendra des études de faisabilité ultérieures.
L'idée d'une telle interconnexion n'est pas nouvelle, puisqu'elle était déjà étudiée en 2018. Cependant, la reprise des discussions sous l'impulsion des ministres Benali et Carvalho montre une volonté de passer de l'étude théorique à une phase de mobilisation de financements et de partenariats institutionnels, visant une intégration concrète des réseaux électriques transcontinentaux.
Contexte
Le projet d'interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal s'inscrit dans une volonté de renforcer les liens énergétiques entre l'Europe et l'Afrique, tout en répondant aux besoins de sécurité des réseaux de la péninsule Ibérique.
Pourquoi c’est important
La reconnaissance du projet par l'Union européenne changerait la donne financière en ouvrant l'accès aux fonds européens, tout en offrant une alternative de secours au réseau actuel du Portugal, dépendant uniquement de l'Espagne.
À suivre
La décision de la Commission européenne concernant le classement du projet en tant que projet d'intérêt commun.
L'issue de l'appel à manifestation destiné aux gestionnaires de réseaux et entreprises de services publics.
Ce que les sources ne disent pas encore
Le mode technique (câble sous-marin direct ou via infrastructures existantes) et le montant exact des investissements privés restent indéterminés.