Le plan d'équipement présenté par le directeur général de l'ONEE, Tarik Hamane, lors de la réunion du Conseil d'administration, détaille une répartition budgétaire majeure. Le volet électrique mobilise 206 milliards de dirhams, tandis que le volet lié à l'eau potable s'élève à 42,1 milliards de dirhams. Cette enveloppe globale est destinée à soutenir la transition énergétique et la gestion des ressources hydriques sur les cinq prochaines années.
Le développement des énergies renouvelables constitue le pilier central de la stratégie électrique de l'Office. Un programme de 104 milliards de dirhams est spécifiquement alloué au développement de nouvelles capacités de production renouvelable. Ce programme vise l'ajout de 11,6 gigawatts de capacités renouvelables, ce qui représente environ 80% de l'ensemble des capacités additionnelles programmées pour la période 2026-2030.
Pour accompagner l'intégration de ces énergies et assurer la stabilité du système électrique, l'ONEE prévoit d'ajouter 2,6 gigawatts de capacités de stockage. Ce programme inclut la réalisation de systèmes de batteries (BESS) d'une capacité totale de 2.230 MWh, ainsi que la STEP hydroélectrique d'El Menzel, dotée d'une puissance de 360 MW. Un programme de flexibilité au gaz naturel de 3.744 MW est également prévu.
L'ambition de l'Office est de franchir un cap significatif dans le mix électrique national. Grâce à ces investissements, l'ONEE prévoit de dépasser dès 2028 l'objectif de 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique, calculé en capacité installée. Cette montée en puissance repose sur l'expansion du réseau de transport et l'intégration massive de nouvelles sources de production.
Le volet consacré à l'eau potable, doté de 42,1 milliards de dirhams, se concentre sur la sécurisation de la production et le renforcement de l'offre en milieu rural. L'Office prévoit également une optimisation de l'efficacité des réseaux existants pour répondre aux besoins croissants de la population.
Un axe majeur de ce plan concerne le dessalement de l'eau de mer. L'objectif est d'atteindre une capacité de dessalement destinée à l'eau potable supérieure à 1,3 milliard de m3 par an à l'horizon 2030. Ce volume permettrait de couvrir 63% des besoins, contre 13% en 2025 et moins de 8% en 2023.
La structure de financement de ce plan d'équipement repose largement sur des capitaux externes. L'ONEE indique que 72% du programme devrait être financé directement par le secteur privé, limitant ainsi la charge directe sur les fonds publics pour la réalisation de ces infrastructures massives.
Le plan d'équipement 2026-2030 s'inscrit dans une volonté de renforcer la flexibilité du système électrique national. L'intégration de la STEP d'El Menzel et des systèmes de stockage par batterie est cruciale pour compenser l'intermittence des sources renouvelables qui représenteront une part prépondérante de la production.
La gestion de la ressource hydrique via le dessalement marque un changement d'échelle technique. En passant de moins de 8% de couverture en 2023 à 63% en 2030, l'Office transforme radicalement le mode d'approvisionnement en eau potable pour répondre aux enjeux de sécurité hydrique.
L'ensemble de ces investissements, répartis entre l'électricité et l'eau, souligne la transformation structurelle de l'Office. Le passage à une capacité de stockage de 2,6 GW et l'augmentation massive de la production renouvelable redéfinissent le rôle technique de l'ONEE dans la gestion du réseau national.
Contexte
La réunion du Conseil d'administration, tenue à Rabat sous la présidence de Nadia Fettah, a permis de valider les orientations budgétaires de l'Office pour la fin de la décennie, mettant l'accent sur la transition énergétique et la gestion de l'eau.
Pourquoi c’est important
Ce plan d'investissement massif vise à transformer le mix énergétique marocain en dépassant le seuil de 52% de renouvelables dès 2028 et à sécuriser l'approvisionnement en eau potable par le dessalement.
À suivre
La capacité de mobilisation effective des financements privés pour atteindre les 72% prévus.
L'avancement des travaux de la STEP d'El Menzel et des systèmes de stockage par batterie.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas le détail des stations de dessalement concernées ni le calendrier précis de chaque projet d'infrastructure.