Le système financier marocain a maintenu une trajectoire de résilience durant l'exercice 2025. Cette stabilité s'est appuyée sur une croissance économique de 4,9 %, soutenant par extension la performance des banques, du secteur des assurances et des marchés de capitaux, malgré un environnement international marqué par l'incertitude.
La présentation des enseignements de ce rapport annuel a été assurée par les autorités de régulation lors d'une conférence de presse le 27 juillet. Les interventions ont été portées par Touria Dahani, directrice de la surveillance macroprudentielle à Bank Al-Maghrib, et Amal Souifi, directrice de la régulation et de la normalisation des assurances à l'ACAPS.
Le document a également été commenté par Mimoun Zbayer, directeur de la prévoyance sociale à l'ACAPS, et Ikhlas Mettioui, directrice de la gestion d'actifs et de la protection de l'épargne à l'AMMC. Ce travail de synthèse est le fruit d'une collaboration entre Bank Al-Maghrib, l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale et l'Autorité marocaine du marché des capitaux.
Le rapport, qui a reçu l'approbation du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) le 7 juillet 2026, dresse un constat globalement positif sur la capacité du système à absorber les chocs. Cette analyse est la première de ce type organisée conjointement par les trois régulateurs depuis 2013.
Les tests de résistance, ou stress tests, effectués sur les institutions financières, confirment la solidité des banques et des assureurs. Ces exercices visent à évaluer la capacité des entités à faire face à des scénarios de crise majeurs, validant ainsi la robustesse du socle financier national.
Concernant la gestion des risques cycliques, le coussin de fonds propres contracyclique (CCyB) est maintenu à un taux de 0 %. Les autorités n'ont pas jugé nécessaire d'activer ce mécanisme, estimant qu'il n'existait pas de risques cycliques justifiant une telle mesure de prudence supplémentaire.
Toutefois, le rapport souligne des points de vigilance majeurs concernant l'endettement. On observe une accélération de l'endettement des ménages, un phénomène qui nécessite une attention particulière de la part des autorités de surveillance pour prévenir tout risque de défaut.
Parallèlement à la situation des ménages, le niveau de la dette des entreprises demeure élevé. Cette exposition financière constitue un autre axe de surveillance pour les régulateurs, afin de garantir que la capacité de remboursement des acteurs économiques reste compatible avec la stabilité globale.
Les déséquilibres structurels affectant les principaux régimes de retraite constituent également un point de vigilance identifié dans le document. Ces déséquilibres pèsent sur la stabilité à long terme et nécessitent un suivi rigoureux des engagements financiers liés à la prévoyance sociale.
En conclusion, si la dynamique des marchés de capitaux et la solidité des banques sont des facteurs de stabilité, la gestion de la dette et des régimes de retraite demeure au centre des préoccupations des autorités de contrôle pour l'avenir du système financier.
Contexte
Cette présentation conjointe marque une étape importante dans la communication des régulateurs marocains, qui n'avaient pas organisé de conférence de presse commune sur ce rapport spécifique depuis 2013.
Pourquoi c’est important
La coordination entre Bank Al-Maghrib, l'ACAPS et l'AMMC permet une vision consolidée des risques systémiques, essentielle pour surveiller l'interaction entre la banque, l'assurance et les marchés de capitaux.
À suivre
L'évolution du niveau d'endettement des ménages.
La capacité des régulateurs à maintenir la stabilité face aux déséquilibres des régimes de retraite.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la nature exacte des déséquilibres structurels des régimes de retraite ni le montant précis de la dette des entreprises.