L'événement organisé par Al Akhawayn University a permis de réunir un panel diversifié composé de décideurs publics, de représentants du patronat, de dirigeants d'entreprise et de membres du monde académique. Cette rencontre visait à répondre à la question de la création d'une valeur partagée et durable entre les employeurs et les jeunes talents dans un contexte marqué par l'émergence de l'intelligence artificielle.
Parmi les participants figuraient Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, et Mehdi Tazi, président de la CGEM. La discussion a également impliqué Mohamed Horani, fondateur et PDG de HPS, ainsi que Wafaa Asri, secrétaire générale du Département de la Formation professionnelle, pour aborder les enjeux liés à l'évolution des compétences.
Le débat a également accueilli Awatef Hayar, professeure et ancienne ministre, et Ghita Mezzour, fondatrice et CEO de DecisiveAI et ancienne ministre déléguée chargée de la Transition numérique. Ces interventions ont permis de croiser les regards entre les sphères académique, technologique et politique sur l'impact de l'intelligence artificielle dans le tissu économique national.
Jalal Charaf, directeur général de l’École Centrale Casablanca et doyen exécutif à l’Université Mohammed VI Polytechnique, et Amine Bensaid, président d’Al Akhawayn University, ont également pris part aux échanges. Ces acteurs ont contribué à analyser comment l'intelligence artificielle redéfinit les modalités de travail pour les nouvelles générations de travailleurs.
Un consensus s'est dégagé parmi les participants concernant la réalité marocaine : l'intelligence artificielle ne semble pas entraîner une suppression de postes, mais plutôt une transformation profonde des tâches. Ce constat est partagé par les employeurs qui ne voient pas, à ce stade, l'IA remplacer l'humain dans leurs structures respectives.
Mehdi Tazi, en sa qualité de président de la CGEM, a précisé qu'il ne voit pas encore l'IA remplacer des personnes dans ses entreprises ou celles de ses collègues. Il a estimé que plus de 90 % des emplois ne sont pas directement concernés par ce remplacement à l'heure actuelle.
Wafaa Asri a corroboré ce diagnostic en s'appuyant sur des travaux internationaux, citant notamment l'OCDE et le Forum économique mondial. Ces études indiquent que l'intelligence artificielle transforme les tâches au sein des métiers, particulièrement celles confiées aux nouvelles recrues, sans pour autant faire disparaître les métiers eux-mêmes.
La transformation liée à l'intelligence artificielle est désormais considérée comme engagée et irréversible. Mohamed Horani a souligné cette réalité, marquant l'importance de l'adaptation des compétences face à cette évolution technologique qui modifie la nature même des missions professionnelles.
Contexte
L'Intelligence Forum d'Al Akhawayn University sert de plateforme de dialogue entre le monde académique et les décideurs pour anticiper les mutations du marché du travail.
Pourquoi c’est important
L'enjeu réside dans la capacité des systèmes de formation à adapter les compétences des jeunes talents pour répondre à une transformation des tâches plutôt qu'à une disparition des métiers.
À suivre
L'évolution des programmes de formation professionnelle face à l'IA.
L'intégration concrète de ces outils dans les processus de recrutement.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les modalités de mise en œuvre des formations ou les investissements financiers spécifiques liés à cette transformation.