Le conseil communal de Casablanca a officiellement rejeté à l’unanimité le plan d’aménagement (PA) présenté par l’Agence urbaine pour le quartier de Hay Mohammadi, après un vote en commission d’urbanisme puis en session ordinaire.
Les élus ont dénoncé un document jugé trop technique, élaboré sans prendre en compte les spécificités sociales et patrimoniales du quartier, et l’ont qualifié d’orientation principalement économique et logistique.
Parmi les craintes exprimées, les représentants locaux ont souligné le risque d’éloignement progressif des habitants historiques vers la périphérie, dans le cadre de projets de rénovation urbaine relevant des codes SRU et ZRU.
Le conseil a formulé quatre recommandations précises : autoriser la surélévation jusqu’à R+4 ou R+5 pour densifier verticalement tout en maintenant les familles sur place, garantir le droit à la rénovation des bâtiments anciens en préservant leur cachet d’origine, assurer le relogement des riverains affectés, et imposer une concertation obligatoire avec les habitants.
La commune de La Joutia, responsable du suivi du projet, a déclaré qu’aucun déplacement de population n’était envisagé à ce stade et a présenté la modernisation comme une intervention « sur site », sans relocalisation.
Concernant le quartier voisin de Derb Ghalef, le dossier des conventions d’expropriation a été reporté à une session ultérieure, le report étant expliqué par une contrainte administrative plutôt que par un désaccord politique.
Le report du dossier Derb Ghalef implique la suspension temporaire de toute procédure d’expropriation, laissant les propriétaires en attente d’une décision définitive et maintenant le statu quo sur le terrain concerné.
Cette double décision du conseil communal reflète une volonté de réévaluer les projets d’aménagement urbain afin d’intégrer davantage les exigences de protection du patrimoine et de sécurisation du logement pour les résidents historiques.
Les acteurs locaux, dont les associations de quartier et les représentants municipaux, ont indiqué qu’ils suivront de près les prochaines étapes, notamment la révision du PA de Hay Mohammadi et la reprise du dossier Derb Ghalef, afin de garantir que les futures propositions répondent aux exigences formulées.
Contexte
Hay Mohammadi, quartier historique de Casablanca, fait l’objet depuis plusieurs années de projets d’aménagement visant à moderniser l’habitat tout en répondant aux exigences de densification urbaine, un enjeu récurrent dans les grandes villes marocaines confrontées à une pression démographique croissante.
Pourquoi c’est important
Le rejet du plan d’aménagement de Hay Mohammadi et le sursis du dossier Derb Ghalef illustrent les tensions entre les objectifs de développement urbain et la préservation des droits des habitants historiques, un équilibre crucial pour la cohésion sociale et l…
À suivre
La révision éventuelle du plan d’aménagement de Hay Mohammadi et les nouvelles propositions qui seront soumises au conseil communal.
La reprise du dossier d’expropriation de Derb Ghalef lors de la prochaine session du conseil, ainsi que les éventuelles décisions de la préfecture.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les détails du contenu technique du plan d’aménagement ni les raisons exactes du report administratif du dossier Derb Ghalef, ce qui limite l’analyse des implications juridiques et financières du report.