Le projet de décret, qui devait encadrer les prix des médicaments fabriqués localement ou importés, a été ajourné après des critiques de la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM). Selon le communiqué officiel de la chefferie du gouvernement, ce report intervient « en tenant compte des observations soulevées » et renvoie le texte à une prochaine réunion du Conseil. La décision met un terme, au moins temporaire, à un processus que le syndicat dénonçait comme verrouillé depuis plusieurs jours.
La CSPM avait multiplié les prises de position pour obtenir ce report. Dans un communiqué daté du 7 juillet, elle avait exprimé son « étonnement » face à l’inscription du projet à l’ordre du jour, dénonçant des consultations jugées insuffisantes et une absence de prise en compte des propositions transmises par la profession. Le lendemain, la Confédération avait adressé un courrier directement au chef du gouvernement pour alerter sur les risques du décret.
Le projet de décret n° 2.25.631 vise à modifier et compléter le décret n° 2.13.852, qui fixe les conditions et modalités de fixation du prix de vente des médicaments. Son adoption aurait pu impacter directement les marges des pharmacies et les coûts pour les patients. La CSPM avait critiqué un processus perçu comme une formalité, sans réelle écoute des professionnels.
Lors de la même séance, le Conseil de gouvernement a également ajourné l’examen de deux autres textes : le projet de loi n° 052.26 relatif au système d’information sanitaire national intégré, ainsi que le projet de loi n° 06.25 portant transformation de l’Office national des aéroports en société anonyme. Pour ce dernier, le report vise à « approfondir le débat ».
Le communiqué officiel de la chefferie du gouvernement ne précise pas les observations ayant conduit au report, ni les modifications éventuelles à apporter au texte. Aucune mention n’est faite d’un calendrier pour une reprise des discussions. La CSPM n’a pas réagi publiquement après l’annonce du report, mais ses critiques restent documentées dans ses communiqués.
Cette décision illustre la sensibilité du dossier des prix des médicaments, un sujet régulièrement au cœur des débats entre l’État, les professionnels de santé et les patients. Les marges des pharmacies et l’accessibilité des traitements sont des enjeux récurrents dans les politiques de santé publique au Maroc.
Le report du décret ne signifie pas son abandon. La CSPM pourrait continuer à peser pour influencer le contenu du texte lors de sa prochaine examination. Les professionnels attendent des garanties sur la prise en compte de leurs propositions, notamment sur les mécanismes de fixation des prix et les marges applicables.
Contexte
Le Maroc encadre depuis des années les prix des médicaments via des décrets successifs, cherchant à concilier accessibilité financière et viabilité du secteur pharmaceutique. Les officines, souvent en première ligne, alertent régulièrement sur les pressions économiques exercant sur leur activité, tandis que les pouvoirs publics tentent de maîtriser l’inflation des dépenses de santé. Les tensions autour de ces textes reflètent cette équation complexe.
Pourquoi c’est important
Ce report montre la difficulté à concilier impératifs de santé publique et réalités économiques du secteur pharmaceutique. Il révèle aussi les limites des consultations en amont, un point de friction récurrent entre l’État et les professionnels de santé.
À suivre
La date de reprise des discussions sur le décret n° 2.25.631, si elle est communiquée.
Les éventuelles modifications apportées au texte pour répondre aux critiques de la CSPM.
Les réactions des autres acteurs du secteur (laboratoires, patients) une fois le texte réexaminé.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent ni les observations ayant conduit au report, ni les modifications envisagées pour le décret. Aucune date n’est indiquée pour une nouvelle examination du texte. Les réactions des autres parties prenantes (laboratoires, patients) ne sont pas documentées.