Depuis février 2026, le secteur agricole marocain fait face à une dégradation rapide de ses conditions d’exploitation, provoquée par une flambée sans précédent des prix des engrais importés. Les intrants chimiques ont enregistré une progression moyenne de 49 %, avec des pics allant jusqu’à 60 %, venant grignoter les marges des exploitants au moment où la campagne était pourtant relancée par un retour des précipitations.
Cette tension sur les coûts s’inscrit dans un contexte de volatilité accrue des marchés internationaux, amplifiée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les importateurs et les coopératives agricoles se retrouvent confrontés à une facture en hausse, qui pèse directement sur la trésorerie des producteurs et remet en question la viabilité économique de certaines cultures à forte intensité en intrants.
L’azote et la potasse concentrent l’essentiel de la pression, avec des hausses respectives de 50 % et 57 % depuis le début de l’année. Ces deux familles d’engrais, indispensables à la productivité des sols et au rendement des grandes cultures, voient leur accès conditionné par des tarifs qui dépassent les prévisions budgétaires des agriculteurs, limitant d’autant les possibilités d’optimisation des parcelles.
La situation crée un déséquilibre entre le potentiel de relance apporté par l’hydrologie favorable et la réalité économique du terrain. Sans mécanisme d’atténuation ou de régulation des prix à l’importation, les exploitants risquent de réduire leurs volumes d’application ou de reporter leurs investissements, ce qui pourrait compromettre les objectifs de rendement et de compétitivité de la filière à moyen terme.
Pourquoi c’est important
La rentabilité des exploitations agricoles dépend directement du coût des intrants ; une hausse non compensée des engrais réduit la marge nette par hectare et menace la pérennité des investissements productifs dans un contexte de concurrence internationale.
À suivre
L’évolution des cours mondiaux de l’azote et de la potasse et leur impact sur les contrats d’importation à court terme.
Les éventuelles mesures de soutien ou de régulation tarifaire annoncées par les autorités compétentes.
Les ajustements de calendrier cultural et les stratégies d’optimisation des doses adoptées par les coopératives agricoles.