L'endettement des ménages a connu une accélération notable, marquant sa progression la plus importante depuis l'année 2012. Cet encours global s'établit désormais à 456 MMDH, ce qui correspond à 27 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Cette montée de la dette est principalement portée par l'augmentation des crédits destinés à l'habitat ainsi que par ceux liés à la consommation.
Parallèlement à cette hausse de l'endettement, le patrimoine financier des ménages affiche une consolidation avec un montant total de 1 192 MMDH. Ce patrimoine est majoritairement constitué de dépôts bancaires, dont l'encours s'élève à 935 MMDH. Les placements en valeurs mobilières contribuent également à cette richesse avec un montant de 114 MMDH.
L'analyse des indicateurs de risque montre une légère augmentation du taux d'endettement chez les nouveaux emprunteurs. On observe également une hausse de la proportion de ménages dont la charge de dette représente plus de 40 % de leurs revenus. Dans ce contexte, le taux de défaut de paiement est demeuré relativement élevé, s'établissant à 10,3 %.
Concernant les entreprises non financières, l'encours des emprunts bancaires a progressé pour atteindre 657 MMDH, soit 39 % du PIB. À cela s'ajoutent les émissions obligataires qui représentent un montant de 124 MMDH. Pour ce segment, le taux de défaut de paiement est de 11,2 %.
L'examen de la structure financière des entreprises, basé sur un échantillon de 116 406 entités, révèle une évolution de la dette. La part de la dette financière à moyen et long terme est passée de 46 % à 43 % des capitaux permanents entre 2023 et 2024. La dette financière à court terme représente quant à elle près de 11 % du chiffre d'affaires.
Les délais de paiement interentreprises ont poursuivi leur amélioration, s'inscrivant dans la dynamique observée depuis 2021. Cette tendance concerne le délai moyen de règlement des créances, bien que les détails spécifiques de cette amélioration ne soient pas détaillés dans les chiffres globaux présentés.
Le rapport souligne une distinction nette entre la situation des ménages et celle des entreprises. Si le patrimoine des ménages se renforce, l'augmentation de leur endettement et la charge de la dette par rapport aux revenus constituent des points de vigilance pour la stabilité financière globale.
Contexte
Le 13ème rapport annuel sur la Stabilité financière a été présenté à Rabat par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Pourquoi c’est important
La hausse de l'endettement des ménages, couplée à une charge de dette dépassant 40 % des revenus pour certains, souligne une tension accrue sur le budget des foyers malgré l'augmentation de leur patrimoine financier.
À suivre
L'évolution du taux de défaut des ménages (actuellement à 10,3 %).
La trajectoire de la dette des entreprises non financières par rapport au PIB.
Ce que les sources ne disent pas encore
Le rapport ne précise pas la répartition exacte des crédits à la consommation par type de bien, ni le détail des délais de paiement interentreprises au-delà de leur tendance à l'amélioration.