Le rapport annuel 2025 de l'ADII souligne que la modernisation technologique a permis d'atteindre des performances budgétaires inédites, tout en renforçant les dispositifs antifraude. Cette dynamique s'est traduite par une hausse notable des saisies et des redressements, reflétant l'impact direct des nouvelles solutions numériques sur la capacité de contrôle douanier.
Le projet d'intégration de la data et de l'intelligence artificielle a été réalisé en partenariat avec l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et la Suisse. Il repose sur l'analyse prédictive afin d'améliorer le ciblage des opérations à risque, tout en cherchant à fluidifier les échanges commerciaux licites, marquant une évolution vers une automatisation accrue du contrôle douanier.
Les résultats chiffrés du projet sont illustrés par les redressements contre la sous‑facturation, qui ont atteint 23,5 milliards de dirhams, soit une progression de 33 % par rapport à l'année précédente. Ce bond reflète l'efficacité des outils d'analyse de données dans la détection de pratiques frauduleuses et la récupération de recettes fiscales.
Parallèlement, l'ADII a inauguré le Centre national de supervision et de contrôle (CNSC), présenté comme une plateforme stratégique de surveillance à distance. Le CNSC centralise les flux d'information provenant des systèmes de vidéosurveillance, des scanners, de la géolocalisation des véhicules et des bodycams déployées sur le terrain, offrant une visibilité en temps réel sur les opérations douanières.
Le rôle du CNSC s'étend à la coordination des interventions sur le terrain, grâce à la mise en commun des données issues de multiples capteurs. Cette approche permet d'optimiser les décisions d'inspection, de réduire les délais de traitement et d'accroître la précision des contrôles, tout en maintenant la fluidité du commerce légal.
L'ADII a également renforcé le système BADR, pilier du dispositif de contrôle douanier, afin d'intégrer les nouvelles capacités d'analyse de la data. Cette amélioration technique vise à consolider la chaîne de décision, du recueil d'information à l'action de contrôle, renforçant ainsi la capacité de l'administration à anticiper les risques.
Malgré ces avancées, les sources ne précisent pas les coûts exacts du déploiement technologique, ni les éventuels défis liés à la formation du personnel ou à la protection des données. Ces éléments restent à vérifier pour évaluer pleinement l'impact à long terme de la transformation numérique sur l'efficacité douanière.
Les prochains mois permettront de suivre l'évolution du CNSC et de l'outil d'analyse prédictive, notamment en termes de volume de saisies, de rapidité des interventions et de retombées budgétaires, afin de confirmer la durabilité des gains observés en 2025.
Contexte
L'ADII, en charge de la fiscalité indirecte et du contrôle des frontières, a entrepris depuis plusieurs années une politique de digitalisation visant à moderniser ses procédures et à renforcer la lutte contre la fraude commerciale.
Pourquoi c’est important
Ces innovations technologiques renforcent la capacité de l'État à sécuriser les échanges, à protéger les recettes publiques et à soutenir la compétitivité des entreprises en assurant un cadre douanier plus efficace.
À suivre
L'évolution du volume de saisies et de redressements après l'implémentation du CNSC.
L'impact budgétaire des outils d'IA sur les recettes douanières.
Les éventuelles adaptations législatives nécessaires pour encadrer l'usage de la data et de la vidéosurveillance.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas de détails sur les coûts d'investissement, la formation du personnel, ni sur les mesures de protection des données associées aux nouvelles technologies.