L’analyse de Médias24 s’appuie sur les séries chronologiques du PIB et du marché du travail pour établir le lien entre croissance et emploi. Elle montre que, malgré une dynamique économique globale, la création d’emplois ne suit pas proportionnellement, ce qui rend la baisse du taux de chômage difficile à atteindre de façon pérenne.
Le calcul du rendement moyen, soit 34 600 emplois non agricoles par point de croissance non agricole, résulte d’une moyenne pondérée sur l’ensemble de la période étudiée, à l’exclusion des années 2020‑2021 où la pandémie a fortement perturbé les indicateurs macroéconomiques.
L’élasticité, indicateur mesurant la sensibilité de l’emploi à la croissance, a diminué de 0,79 à 0,53 entre les deux sous‑périodes 2006‑2015 et 2016‑2024. Cette baisse indique que chaque unité de croissance supplémentaire génère moins d’emplois qu’auparavant, signalant une perte d’efficacité du processus de création d’emplois.
Le rapport souligne que l’investissement public, bien qu’essentiel pour soutenir l’activité économique, se traduit souvent par des projets de construction ou d’infrastructure qui créent des emplois temporaires, sous‑contractés ou saisonniers, peu susceptibles de se transformer en postes durables au sein du marché du travail.
En revanche, le secteur privé, qui pourrait jouer un rôle moteur dans la transformation de la croissance en emplois stables, apparaît comme sous‑développé. Les données ne précisent pas les raisons exactes de ce déséquilibre, mais la faiblesse de l’élasticité suggère une moindre capacité du privé à absorber la main‑d’œuvre supplémentaire générée par la croissance.
Les programmes d’emploi mis en place par les autorités publiques sont mentionnés comme des mesures d’atténuation. Toutefois, l’analyse indique qu’ils ne peuvent compenser de façon durable la faiblesse structurelle du lien entre croissance et création d’emplois, car ils ne modifient pas les moteurs fondamentaux de la dynamique économique.
Le constat d’une croissance « irrégulière » se traduit par des variations importantes d’une année à l’autre dans le nombre d’emplois créés, renforçant l’instabilité du marché du travail et compliquant la planification des politiques publiques en matière d’emploi.
Le rapport ne fournit pas de prévisions précises quant à l’évolution future du rendement d’emploi, mais il met en évidence la nécessité d’un rééquilibrage entre les sources de croissance et les mécanismes de création d’emplois afin d’assurer une réduction durable du chômage.
En l’absence de données détaillées sur les secteurs spécifiques qui pourraient absorber davantage de main‑d’œuvre, l’analyse reste limitée à une vue agrégée du phénomène, ce qui empêche d’identifier des leviers sectoriels précis pour améliorer le rendement de l’emploi.
Contexte
Le Maroc a enregistré une croissance économique régulière depuis le début des années 2000, soutenue par des réformes structurelles et des investissements publics, mais le défi de la création d'emplois demeure central dans les débats économiques nationaux.
Pourquoi c’est important
Comprendre la faiblesse du rendement d'emploi permet d'orienter les politiques publiques vers des mesures qui favorisent la transformation de la croissance en emplois durables, condition indispensable pour réduire le chômage structurel et améliorer le niveau…
À suivre
L’évolution de l’élasticité emploi‑croissance dans les prochaines années, notamment après la sortie de la pandémie.
Les initiatives visant à renforcer le rôle du secteur privé dans la création d’emplois formels.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les données présentées ne détaillent pas les secteurs précis où la création d'emplois est la plus faible, ni les mécanismes exacts par lesquels l'investissement public se traduit en emplois temporaires. Aucun chiffre n’est fourni sur la part du secteur privé dans la création d’emplois durant la période étudiée.