La dynamique économique de l'année 2025 s'est traduite par une croissance du PIB réel de 4,9 %, une performance inédite depuis plus d'une décennie. Cette trajectoire positive est soutenue par une maîtrise de l'inflation, qui s'est établie à 0,8 %. Ce contexte macroéconomique favorable a permis au pays d'intégrer la catégorie investissement selon les classifications de l'agence S&P.
Pour l'exercice 2026, les perspectives divergent selon les institutions. La Banque mondiale prévoit une croissance de 4,2 %, tandis que le Haut-Commissariat au Plan (HCP) évalue la croissance de l'année en cours à 4,8 %. De son côté, la ministre des Finances anticipe une progression de 5,3 %. Cette incertitude est accentuée par le conflit au Moyen-Orient, qui pourrait amputer la trajectoire de croissance de 0,8 point.
La stabilité des prix pourrait toutefois être mise à l'épreuve en 2026. L'inflation devrait remonter à 2,4 % sous l'effet de la flambée des coûts de l'énergie et des engrais. Les projections tablent sur un baril de Brent avoisinant les 94 dollars. À titre de comparaison, l'inflation calculée par le HCP jusqu'à fin juin se situait à 0,3 % en glissement annuel.
Au-delà des indicateurs de croissance, la refonte statistique du HCP met en lumière une réalité plus complexe sur le marché du travail. Les nouvelles données révèlent un taux d'activité de 41,8 %. Ce chiffre souligne une fragilité structurelle du marché de l'emploi, loin des perceptions suggérées par les indicateurs de croissance globale.
La question de l'inclusion économique est également marquée par des disparités importantes. La participation des femmes au marché du travail s'établit à 17,5 %, un niveau parmi les plus faibles au monde. Cette faible intégration constitue l'un des points de vigilance soulevés par l'analyse institutionnelle concernant le potentiel économique du pays.
Le secteur de la transformation numérique présente également un retard notable. Selon le rapport, seules 8 % des entreprises utilisent actuellement un progiciel de gestion intégrée (ERP). Ce manque de numérisation limite la productivité globale de l'économie, dont le gain potentiel est estimé entre 10 % et 15 % si cet écart était comblé.
La structure financière révèle d'autres points de vulnérabilité. Le rapport mentionne le recours aux cessions-bail d'actifs publics, désignées comme des financements dits innovants. Ces mécanismes, bien que permettant de dégager des liquidités, sont identifiés comme une source de fragilité sous les indicateurs de croissance.
Enfin, la gestion de la dette et des engagements financiers reste un point de surveillance. Le taux de créances en souffrance s'élève à 8,9 % du crédit total. Parallèlement, les transferts vers les entreprises publiques constituent un autre élément de fragilité identifié dans le bilan économique actuel.
La convergence de ces facteurs — fragilité du marché du travail, retard numérique et risques inflationaires liés aux matières premières — dessine un tableau nuancé. Si la croissance est au rendez-vous, les fondements structurels nécessitent une attention particulière pour assurer une stabilité durable.
Pourquoi c’est important
La divergence entre la croissance du PIB et la réalité du marché du travail, notamment la faible participation des femmes, souligne un décalage entre la performance économique globale et l'inclusion sociale réelle.
À suivre
L'évolution du cours du Brent et son impact sur l'inflation en 2026.
Le taux de pénétration des outils numériques (ERP) dans les entreprises.
L'évolution du taux de créances en souffrance.
Ce que les sources ne disent pas encore
Le rapport ne précise pas l'impact exact du conflit au Moyen-Orient sur les secteurs spécifiques, ni le détail des transferts vers les entreprises publiques.