La trajectoire économique du Royaume repose sur une dynamique de croissance soutenue. Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, a précisé que le PIB réel devrait atteindre une progression de 4,3 % à moyen terme. Cette prévision s'inscrit dans la continuité d'un cycle de croissance qualifié de plus vigoureux qu'il n'en a été au cours de la dernière décennie.
Toutefois, cette progression doit composer avec des facteurs externes limitants. L'institution note qu'un effet modérateur d'environ 0,8 point est attendu cette année, en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur l'économie. Ce facteur de ralentissement est l'un des éléments qui vient nuancer les perspectives de croissance globale pour l'exercice en cours.
L'investissement s'impose comme le moteur principal de la croissance à court terme. Les projections indiquent que les dépenses d'investissement devraient connaître une hausse de 11,2 % en 2026. Cette accélération est directement liée à la mise en œuvre de grands chantiers d'infrastructure et aux préparatifs logistiques et structurels liés à l'organisation de la Coupe du monde 2030.
À une échéance plus lointaine, le soutien à la demande intérieure devrait être assuré par la consommation privée. Celle-ci devrait afficher une croissance supérieure à 4 %. Ce mouvement est favorisé par deux facteurs conjoncturels : le reflux de l'inflation et l'amélioration de la confiance des consommateurs au sein du marché national.
La dynamique économique est également soutenue par des secteurs spécifiques identifiés par la Banque mondiale. Le rebond de l'agriculture, la résilience du secteur du tourisme ainsi que le dynamisme des exportations minières constituent des piliers essentiels de cette trajectoire de croissance pour le pays.
La pérennité de cette croissance dépendra de la capacité du Royaume à surmonter des défis structurels majeurs. Parmi eux figurent la contrainte hydrique et les enjeux climatiques, qui pèsent sur l'économie nationale. Ces facteurs environnementaux représentent des variables critiques pour la stabilité des prévisions à long terme.
D'autres risques structurels ont été relevés par l'institution. Le marché du travail présente des fragilités, tandis que le renchérissement des importations énergétiques constitue une menace pour l'équilibre économique. La gestion des risques budgétaires, notamment via le recours aux opérations de cession-bail et les passifs éventuels des entreprises, demeure un point de vigilance.
En conclusion, si les indicateurs de croissance restent solides, la trajectoire dépend de la gestion de ces vulnérabilités internes et externes. La capacité du pays à stabiliser son marché du travail et à gérer ses ressources hydriques sera déterminante pour maintenir le rythme de croissance prévu par la Banque mondiale.
Contexte
Les prévisions de la Banque mondiale s'inscrivent dans une période de transition où l'investissement public et les grands événements internationaux structurent l'économie marocaine.
Pourquoi c’est important
La croissance du PIB et la dynamique de la consommation privée sont les deux piliers qui détermineront la stabilité de la demande intérieure au Maroc.
À suivre
L'évolution des dépenses d'investissement en 2026.
L'impact réel du conflit au Moyen-Orient sur le PIB marocain.
La gestion des risques budgétaires liés aux passifs des entreprises.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas le montant exact des passifs des entreprises ni le détail des dépenses liées à la Coupe du monde 2030.