Le conseil de Bank Al-Maghrib, réuni le 25 juin 2026, a confirmé le taux directeur à 2,25 %, décision motivée par trois facteurs identifiés par la banque centrale : une inflation jugée maîtrisée à moyen terme, une économie nationale en consolidation et des perspectives internationales caractérisées par une forte incertitude. La banque précise que chaque décision est prise « réunion par réunion » en s’appuyant sur les données les plus récentes.
L’inflation, qui a oscillé autour de 0,8 % pendant deux années, devrait atteindre en moyenne 1,5 % en 2026 avant de progresser à 2,1 % en 2027. Cette hausse est principalement attribuée à la hausse des prix des carburants, qui a enregistré une augmentation de 27,6 % en glissement annuel en mai, ainsi qu’à l’inflation importée. L’inflation sous‑jacent, quant à elle, resterait limitée à 0,2 % en 2026, sous l’effet d’une baisse des prix de l’huile d’olive, avant de remonter à 2,9 % en 2027.
Sur le plan de la croissance, la banque centrale anticipe une progression du PIB de 4,9 % en 2025 à 5,2 % en 2026. Cette dynamique serait largement soutenue par le secteur agricole, qui devrait connaître un rebond de 16 % de sa valeur ajoutée, grâce à une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux. Les activités non agricoles, en revanche, devraient croître à un rythme plus modéré, autour de 4,2 % en moyenne sur la période 2026‑2027.
Les flux financiers provenant des Marocains résidant à l’étranger (MRE) continuent d’augmenter. Les prévisions indiquent un passage de 122 milliards de dirhams en 2025 à près de 130 milliards en 2027. Cette dynamique, combinée à la hausse des recettes de voyages – qui sont passées de 138,6 milliards à 161,1 milliards de dirhams sur la même période – contribue à atténuer le creusement du déficit du compte courant, même si celui‑ci devrait passer de 2,4 % du PIB en 2025 à 4 % en 2026.
Le marché du travail reste sous tension. Selon la nouvelle enquête du Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage s’établit à 10,8 % au premier trimestre 2026. Cette donnée reflète les difficultés persistantes du marché de l’emploi, malgré la croissance économique attendue et les soutiens liés aux transferts des MRE.
Les limites de l’information disponible sont notables. Le texte source ne précise pas les modalités exactes de mise en œuvre des prévisions de croissance agricole, ni les mesures spécifiques que la banque centrale pourrait adopter pour répondre à l’inflation importée. De même, aucune donnée détaillée n’est fournie sur la composition sectorielle du déficit du compte courant ni sur les politiques publiques envisagées pour le réduire.
Les prochains points de suivi incluent l’évolution de l’inflation, notamment l’impact des prix du carburant, ainsi que la réalisation des prévisions de croissance agricole. Il sera également crucial de surveiller l’évolution du taux de chômage et les flux de transferts des MRE afin d’évaluer la stabilité macroéconomique du pays au cours des prochains trimestres.
Contexte
Bank Al-Maghrib, la banque centrale du Maroc, ajuste régulièrement son taux directeur pour ancrer les anticipations d’inflation et soutenir la stabilité macroéconomique, dans un contexte où les pressions externes et les fluctuations des prix des matières premières restent importantes.
Pourquoi c’est important
Le maintien du taux directeur à 2,25 % indique la confiance de la banque centrale dans la maîtrise de l’inflation et la solidité de la reprise économique, tout en soulignant les incertitudes externes qui pourraient influencer les décisions futures.
À suivre
L’évolution mensuelle de l’inflation, en particulier les prix du carburant.
La réalisation des prévisions de croissance agricole et son impact sur le PIB.
L’évolution du taux de chômage au cours du second semestre 2026.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas de détails sur les éventuelles mesures monétaires complémentaires, ni sur les scénarios de risque envisagés par la banque centrale. Elles ne précisent pas non plus les méthodologies de calcul des prévisions de croissance ou les hypothèses sous‑jacentes aux projections de flux de transferts des MRE.