Amine Diouri, analyste cité par Challenge.ma, explique que la loi 69-21 a produit des effets mesurables sur le comportement de paiement des entreprises marocaines, avec une réduction globale de 22 jours des délais clients entre 2023 et 2024, selon l’étude Inforisk. Cette évolution se traduit par une amélioration du respect des échéances, même parmi les acteurs qui ne sont pas directement soumis aux obligations légales de la loi.
Les très petites entreprises (TPE), qui représentent la majorité du tissu économique et qui sont généralement exclues du champ d’application de la loi 69-21, ressentent néanmoins une baisse des retards de paiement subis. Diouri précise que les chiffres montrent une diminution des délais de paiement même pour ces structures, ce qui indique un effet indirect de la législation sur l’ensemble du marché.
Le changement de comportement s’explique, selon Diouri, par l’intervention de l’État, notamment via la Direction Générale des Impôts (DGI), qui impose désormais aux clients de respecter les délais de paiement. Cette tierce partie crée une pression supplémentaire sur les entreprises, les incitant à adopter des pratiques plus rigoureuses en matière de règlement des factures.
Diouri souligne également que la dynamique observée dépasse la simple conformité légale. Il note un véritable changement de mindset au sein des entreprises, qui, auparavant, ne prêtaient guère attention aux délais de paiement sous les lois antérieures. La nouvelle législation semble avoir instauré une culture de responsabilité plus forte dans les relations commerciales.
Malgré ces progrès, l’étude ne permet pas de conclure à une élimination totale des retards de paiement. Les données restent limitées à la période 2023‑2024 et ne détaillent pas les variations sectorielles ou les éventuelles disparités régionales. Une surveillance continue sera nécessaire pour confirmer la pérennité de ces améliorations.
Contexte
La loi n°69-21, adoptée en 2021, vise à encadrer les délais de paiement entre entreprises au Maroc afin de réduire les pratiques de paiement tardif qui pénalisent les fournisseurs, notamment les petites structures.
Pourquoi c’est important
Une réduction des délais de paiement améliore la trésorerie des TPE, favorise la stabilité du tissu économique et peut encourager l’investissement en limitant les risques de liquidité.
À suivre
L’évolution des délais de paiement au-delà de 2024 pour vérifier la durabilité des tendances observées.
L’éventuelle extension du champ d’application de la loi 69-21 aux TPE.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les chiffres exacts par secteur, ni les impacts régionaux ou les éventuelles différences entre types d’entreprises au sein des TPE.