Le 22 mai 2026, TelQuel a publié une enquête révélant que le gouvernement marocain a déboursé au moins treize milliards de dirhams sous forme d’aides et d’exonérations à l’importation de bétail, sans que ces mesures n’aient entraîné de baisse des prix, qui ont continué à grimper.
Aziz Akhannouch, qui préside le Conseil de gouvernement, est également à la tête du conseil de surveillance du Crédit Agricole, institution qui finance les importateurs de bétail, créant ainsi un chevauchement de fonctions entre décision politique et financement privé.
Le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, occupe parallèlement la présidence de l’Office national de sécurité sanitaire de l’alimentation (ONSSA), organisme chargé de contrôler la santé sanitaire des importations, ce qui soulève des questions de conflits d’intérêts dans la supervision du dispositif d’aides.
Le 18 mai, le même ministre a annoncé au parlement que le prix du mouton était de 1 000 dirhams, avant de réviser cette fourchette à 2 000‑2 500 dirhams suite aux critiques, tout en déclarant ne pas savoir où se trouvaient les animaux qu’il devait réguler.
Aucun audit n’a été ordonné par le chef du gouvernement, et la majorité parlementaire, composée du RNI, de l’Istiqlal et du PAM, n’a exercé aucun contrôle, couvrant ainsi le dispositif malgré les dénonciations publiques de l’Istiqlal et du PAM à l’approche des législatives.
Le 7 avril 2025, une demande de commission d’enquête a été déposée puis rejetée en quarante‑huit heures, remplacée par une mission d’information dépourvue de pouvoir d’audit, alors que sept bénéficiaires du dispositif siègent parmi les députés de la majorité.
En l’absence de procédures de vérification, le rapport souligne que le dispositif d’aides reste opaque : les prix, les acteurs impliqués et la taille du cheptel importé ne sont pas connus du ministre chargé du dispositif, ni des autorités de contrôle.
Pourquoi c’est important
L’absence de contrôle et de sanctions sur un dispositif financier de treize milliards de dirhams soulève des inquiétudes quant à la gouvernance et à la capacité de l’État à protéger les intérêts des citoyens face à des pratiques potentiellement conflictuelles.
À suivre
Éventuelle ouverture d’une enquête officielle sur le dispositif d’aides.
Mouvements parlementaires visant à renforcer les mécanismes de contrôle et d’audit.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas le nombre exact de bénéficiaires, la répartition détaillée des fonds ni les critères d’éligibilité des aides. Aucun chiffre supplémentaire sur les volumes importés n’est fourni.