Le président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou, a exprimé sa position lors des Grands RDV Médias24 le jeudi 16 juillet. Il a plaidé pour une régularisation du secteur des plateformes numériques de transport, une mesure qu'il juge indispensable pour l'économie du pays. Selon lui, le débat ne porte plus sur l'opportunité de ces outils, mais sur les règles devant encadrer leur activité.
L'intervenant a précisé que les outils d'intermédiation, incluant le transport, la livraison et la réservation touristique, ont leur place dans l'économie marocaine. Toutefois, cette intégration nécessite un cadre garantissant une concurrence loyale. Ahmed Rahhou a insisté sur la conviction qu'il est impératif de donner un cadre juridique à ces applications de VTC.
Le Conseil de la concurrence est déjà engagé dans ce processus avec la préparation d'un avis dédié aux plateformes numériques. Ce document inclura un volet spécifique consacré au transport de personnes. Cette démarche vise à apporter des réponses institutionnelles aux enjeux posés par ces nouveaux modèles d'intermédiation.
Parallèlement à l'action du Conseil de la concurrence, le ministère de l'Intérieur travaille sur une réforme du secteur. Cette action institutionnelle intervient alors que le système actuel des agréments constitue un obstacle identifié. La coexistence de deux régimes crée une situation complexe pour les acteurs du marché.
La situation actuelle est décrite par Ahmed Rahhou comme une « zone grise » qu'il faut faire disparaître. Ce déséquilibre provient de la différence de traitement entre les opérateurs supportant le coût des autorisations et les plateformes exerçant dans un environnement juridique incertain. Cette disparité nuit à l'équité du marché.
Sur le plan des dossiers en cours, le président du Conseil de la concurrence a révélé que plusieurs affaires restent ouvertes. Il a notamment cité le dossier concernant la concentration entre Uber et Careem. La décision finale concernant ce dossier est toujours en attente de traitement par l'institution.
L'objectif affiché par Ahmed Rahhou est de régler le problème de l'un pour l'autre afin de stabiliser le secteur. La régularisation doit permettre de sortir de l'incertitude actuelle pour offrir une visibilité claire aux acteurs économiques. Le chantier de la régulation est donc officiellement ouvert.
Les limites actuelles de l'analyse résident dans l'absence de détails sur le contenu précis de la réforme du ministère de l'Intérieur. Bien que le processus soit enclenché, les modalités techniques de la future régulation et les délais de décision pour les dossiers en attente restent à déterminer.
Contexte
Le débat sur la régulation des plateformes numériques s'inscrit dans une volonté de clarifier les règles de marché face à l'émergence de nouveaux modèles d'intermédiation.
Pourquoi c’est important
La sortie de la zone grise juridique permettrait d'harmoniser les règles entre les transporteurs traditionnels sous agrément et les nouveaux acteurs numériques.
À suivre
La publication de l'avis du Conseil de la concurrence sur le transport de personnes.
La décision finale concernant la concentration Uber et Careem.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la date de publication de l'avis du Conseil de la concurrence ni les détails de la réforme du ministère de l'Intérieur.