La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) a publié lundi 26 octobre un communiqué adressé au nouveau ministre de la Santé et de la Protection sociale, réclamant l'ouverture d'un dialogue sectoriel « sérieux et responsable » débouchant sur des décisions concrètes. Le syndicat réagit ainsi à la nomination du ministre et à la formation du nouveau gouvernement, estimant que la période à venir doit permettre de « restaurer l'initiative » dans la gestion du dossier pharmaceutique.
Dans son message, la CSPM appelle à dépasser la méthode qui a prévalu jusqu'ici, qu'elle décrit comme marquée par « tension et crispation », des décisions unilatérales, des reports répétés et une absence de réactivité de la tutelle. L'organisation souhaite que le pharmacien devienne un « partenaire essentiel » de la réussite de la réforme du système de santé, dans une relation fondée sur l'approche participative, l'écoute et le respect mutuel.
Le communiqué insiste sur la nécessité de préserver la viabilité économique des officines, présentées comme des établissements de santé à dimension sociale assurant une mission de proximité essentielle. La confédération réaffirme par ailleurs son « capital de lutte » et ses positions constantes en faveur des droits des pharmaciens et de la continuité des officines, tout en se disant prête à s'engager dans toute initiative sérieuse.
La CSPM précise qu'elle n'entend pas renoncer aux « revendications légitimes de la profession », sans toutefois les détailler dans le texte publié. Elle appelle enfin les pharmaciens à l'unité et à la solidarité professionnelle, ainsi qu'à la vigilance et à la mobilisation face à la nouvelle phase qui s'ouvre.
Du côté de la Confédération des pharmaciens, citée par LesEco.ma, la même volonté d'ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le ministère est exprimée. L'organisation plaide pour une traduction des engagements en décisions concrètes et réaffirme sa disposition à participer aux chantiers de réforme du système de santé, tout en maintenant ses revendications relatives aux droits des pharmaciens et à la stabilité du secteur.
Les deux communications convergent sur le diagnostic d'une relation dégradée avec la tutelle sortante et sur l'exigence d'un changement de méthode. Elles partagent également l'objectif affiché de contribuer à la réforme du système de santé, à condition que le dialogue aboutisse à des actes et non à de simples concertations formelles.
Aucun calendrier ni format précis pour ce dialogue sectoriel n'est indiqué dans les communiqués. Les revendications concrètes — honoraires, marges, conditions d'exercice, gouvernance du médicament — ne sont pas listées, ce qui laisse ouverte la portée réelle des demandes adressées au nouveau ministre.
Les sources ne mentionnent aucune réaction officielle du ministère de la Santé et de la Protection sociale ni du cabinet du nouveau ministre à ce stade. La suite dépendra de la réponse institutionnelle à cet appel au dialogue et de la capacité des organisations à formuler un cahier de revendications précis et unifié.
Contexte
Le secteur pharmaceutique marocain traverse une période de tensions récurrentes avec la tutelle sur les conditions économiques d'exercice des officines, la régulation des prix et la place du pharmacien dans le parcours de soins. La nomination d'un nouveau ministre est perçue par les organisations professionnelles comme une fenêtre pour réinitialiser le dialogue.
Pourquoi c’est important
La capacité du nouveau ministre à instaurer un dialogue productif avec la CSPM conditionnera l'avancement des dossiers structurants — viabilité des officines, accès au médicament, rôle du pharmacien dans la réforme santé — et la stabilité sociale d'un maillon…
À suivre
Réponse officielle du ministère de la Santé et de la Protection sociale à l'appel au dialogue de la CSPM.
Publication d'un cahier de revendications détaillé par la confédération ou par la Confédération des pharmaciens.
Mise en place éventuelle d'un cadre formel de concertation sectorielle avec calendrier et méthode définis.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les communiqués ne détaillent pas les revendications chiffrées ni techniques. Aucune réaction du ministère n'est rapportée. Les deux sources reprennent la même matière (communiqué CSPM) sans confirmation indépendante d'autres acteurs. Le texte TelQuel est tronqué en fin de citation.