La transformation juridique de l’ONHYM a été officialisée par la loi n° 56.24, qui a converti l’Office en société anonyme (ONHYM‑SA). Cette modification, bien que présentée comme une évolution administrative, confère à l’institution une personnalité juridique distincte, ouvrant la voie à des opérations financières et commerciales qui n’étaient pas possibles sous le statut d’office public.
En tant que société anonyme, ONHYM‑SA acquiert la capacité légale de mobiliser des ressources financières variées, notamment le capital‑risque, les emprunts structurés et les levées de fonds. Ces instruments, jusqu’alors fermés à l’Office, offrent des leviers pour financer des projets d’exploration et de production, ainsi que des initiatives de dérisquage dans le secteur minier.
Le nouveau statut permet également à ONHYM‑SA d’investir et d’opérer en dehors du Maroc. Cette ouverture géographique signifie que l’institution peut désormais participer à des projets internationaux, renforcer des partenariats étrangers et exploiter des opportunités de marché au-delà des frontières nationales, tout en restant sous le contrôle de l’État marocain.
Parmi les projets concernés, le gazoduc Afrique‑Atlantique occupe une place centrale. Le texte indique que, grâce à son nouveau statut, ONHYM‑SA dispose des capacités financières et légales nécessaires pour mener à bien ce projet avec ses partenaires, ce qui pourrait accélérer la mise en place d’infrastructures gazières stratégiques pour le pays.
Le processus de transformation s’est inscrit dans un travail de fond mené entre 2005 et 2025. Durant ces deux décennies, l’Office a renforcé l’attractivité du Maroc pour l’exploration pétrolière, tant onshore qu’offshore, a accéléré le dérisquage des projets miniers et a concrétisé le potentiel de nouveaux champs gaziers, notamment dans le Gharb et à Tendrara.
Le passage en société anonyme représente un tournant historique pour l’institution, selon le texte, en lui donnant une agilité accrue pour répondre aux exigences du marché et aux ambitions énergétiques du Royaume. Cette agilité se traduit par une plus grande flexibilité dans la structuration de projets et la négociation de partenariats privés.
La réforme, décrite comme « hautement stratégique », intervient à un moment où le Maroc prépare les prochaines étapes de son réseau gazier. En élargissant les sources de financement et en autorisant l’investissement transfrontalier, ONHYM‑SA pourrait jouer un rôle clé dans la diversification du mix énergétique national et dans la sécurisation de l’approvisionnement en gaz.
Les limites de l’information disponible restent toutefois importantes : le texte ne précise pas les montants exacts des fonds que ONHYM‑SA pourra lever, ni les modalités précises des partenariats envisagés pour le gazoduc Afrique‑Atlantique. De même, aucune date de mise en œuvre concrète n’est fournie, ce qui laisse ouverte l’interprétation quant au calendrier des premières opérations sous ce nouveau statut.
Contexte
Le secteur énergétique marocain, en pleine mutation, cherche à renforcer ses capacités de production et d’infrastructure afin de répondre à la demande croissante et aux objectifs de transition énergétique du pays.
Pourquoi c’est important
La capacité de l’ONHYM à mobiliser des capitaux privés et à investir à l’international pourrait accélérer le développement de projets gaziers et miniers, réduisant ainsi la dépendance du Maroc aux importations d’énergie et stimulant la création de valeur loca…
À suivre
Les premiers montants levés par ONHYM‑SA via capital‑risque ou emprunts structurés.
Les accords conclus avec des partenaires étrangers pour le gazoduc Afrique‑Atlantique.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas de détails quant aux montants précis des financements, aux échéances des projets ni aux conditions exactes des partenariats envisagés.