Le 10 juin, le gouvernement du Bangladesh a officiellement validé l’importation de 60 000 tonnes de superphosphate triple (TSP) auprès d’OCP Nutricrops, filiale du groupe OCP, réparties en deux marchés de 30 000 tonnes chacun. Le premier lot est facturé à 688 dollars la tonne, le second à 726 dollars, ce qui porte le montant total de l’opération à environ 42,4 millions de dollars. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un accord‑cadre déjà en place entre les deux parties.
OCP Nutricrops a été désignée comme fournisseur recommandé pour les deux lots, le premier étant intégré à l’accord‑cadre existant. Le groupe OCP souligne que ce contrat illustre la stratégie de diversification géographique de sa filiale Nutricrops, qui cible les marchés agricoles émergents, dont le Bangladesh, pays à forte intensité agricole et dépendant largement des engrais importés.
Le gouvernement bangladais a présenté ces achats comme une mesure visant à sécuriser l’approvisionnement en engrais avant les prochaines campagnes agricoles. Cette démarche reflète la volonté du pays de garantir la disponibilité des intrants essentiels pour son secteur agricole, qui repose sur des importations massives d’engrais phosphatés.
Le 9 juin, le groupe canadien Steadright Critical Minerals a annoncé son intention d’acquérir 80 % d’Exterra Mining & Exploration, société marocaine détenant trois permis d’exploration d’antimoine. Chaque permis couvre une surface de 16 km² et se situe dans une zone où des mines artisanales sont déjà actives, ce qui indique un potentiel d’exploitation déjà partiellement exploité.
La transaction prévoit que Steadright apporte 12 millions d’actions de sa société, ainsi qu’une contribution financière pouvant atteindre 280 000 dollars canadiens, soit environ 1,86 million de dirhams. En outre, Steadright s’engage à prendre en charge les cinq premiers millions de dollars américains de coûts liés à l’exploration et à la production, renforçant ainsi la capacité financière d’Exterra pour développer ses projets.
Le sous‑sol marocain attire de plus en plus d’investissements étrangers dans le secteur des minéraux critiques, comme le montre cette acquisition. L’intérêt porté sur l’antimoine, essentiel pour plusieurs applications industrielles, témoigne de la reconnaissance du potentiel géologique du Maroc et de la volonté des acteurs internationaux de s’y positionner.
Les deux opérations, l’une dans le domaine des engrais et l’autre dans l’exploration minière, soulignent la diversification des activités marocaines à l’international. Elles illustrent également la capacité des entreprises marocaines à répondre à des exigences de marchés étrangers, que ce soit en matière d’approvisionnement agricole ou de ressources minérales.
Contexte
Le Maroc, riche en phosphates et en minéraux critiques, cherche à renforcer sa présence sur les marchés mondiaux, tant dans le secteur agricole que minier, afin de soutenir sa croissance économique et d’attirer des capitaux étrangers.
Pourquoi c’est important
Ces deux accords démontrent la capacité du Maroc à devenir un fournisseur clé d’engrais pour des économies agricoles dépendantes, tout en positionnant son sous‑sol comme une source stratégique de minéraux critiques recherchés par les industries technologiques.
À suivre
L’évolution des livraisons de TSP au Bangladesh et leur impact sur les campagnes agricoles du pays.
L’obtention éventuelle d’un permis d’exploitation d’antimoine par Exterra Mining et le démarrage des activités minières.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les modalités exactes de suivi du contrat d’engrais, ni les dates de livraison, ni les éventuelles conditions de financement. Elles ne détaillent pas non plus les étapes précises du processus d’obtention du permis d’exploitation d’antimoine.