Le financement annoncé s’élève à 3,7 milliards de dirhams, soit environ 348 millions d’euros, dont 48 millions d’euros proviennent directement de subventions de l’Union européenne. Cette enveloppe financière a été présentée lors d’une cérémonie officielle à Rabat, en présence du ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et de représentants européens.
Les prêts concessionnels, d’un montant cumulé d’environ 300 millions d’euros, sont assurés par trois institutions financières européennes : la banque allemande de développement KfW, la Cassa Depositi e Prestiti italienne (CDP) et l’Agence française de développement (AFD), cette dernière étant désignée comme cheffe de file du co‑financement.
Le programme s’articule autour de quatre axes prioritaires. Le premier vise à améliorer la connaissance des ressources hydriques, notamment en renforçant les capacités de suivi et de modélisation face aux impacts du changement climatique, afin de mieux anticiper les variations de disponibilité de l’eau.
Le deuxième axe porte sur le renforcement de la gestion des phénomènes extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations. Il comprend le développement d’outils d’alerte précoce, la modernisation des infrastructures de stockage et la mise en place de stratégies d’atténuation adaptées aux régions les plus vulnérables.
Le troisième axe cible la préservation des eaux souterraines. Les actions prévues incluent la surveillance de la qualité des nappes phréatiques, la lutte contre la surexploitation et la promotion de pratiques agricoles économes en eau, afin de garantir la durabilité des réserves souterraines à long terme.
Le quatrième et dernier axe vise à consolider les capacités institutionnelles du secteur de l’eau. Il prévoit notamment le renforcement des compétences techniques des agences publiques, le partage d’expertise entre les partenaires marocains et européens, ainsi que le soutien à la gouvernance intégrée des ressources hydriques.
Lors de la présentation, l’ambassadeur de l’UE au Maroc, Dimiter Tzantchev, a rappelé que ce programme illustre l’engagement de l’Union à soutenir la gestion durable des ressources en eau dans la région méditerranéenne, en s’inscrivant dans les priorités du Partenariat Vert Maroc‑UE.
L’ambassadeur d’Allemagne, Robert Dölger, a qualifié l’initiative de « bel exemple de coopération euro‑méditerranéenne sur des enjeux communs stratégiques », soulignant la dimension transfrontalière des défis hydriques et la nécessité d’une réponse coordonnée.
L’ambassadeur italien, Pasquale Salzano, a évoqué l’inscription du programme dans le cadre du Piano Mattei, rappelant que la gestion des ressources hydriques et l’égalité de genre sont des piliers de la coopération européenne avec le Maroc.
Le ministre Nizar Baraka a déclaré que l’eau constitue un héritage à préserver pour les générations futures et un enjeu de souveraineté, affirmant que le Maroc a choisi la voie de l’anticipation et de l’action en transformant en profondeur son modèle hydrique.
Contexte
Le Maroc fait face depuis plusieurs années à un stress hydrique croissant, aggravé par des épisodes de sécheresse récurrents et des phénomènes d’inondation ponctuels, ce qui a conduit les autorités à renforcer leur politique de gestion de l’eau.
Pourquoi c’est important
Ce financement constitue l’un des plus importants soutiens européens au secteur de l’eau au Maroc, offrant des ressources financières et techniques essentielles pour améliorer la résilience du pays face aux aléas climatiques et sécuriser l’accès à l’eau pour…
À suivre
L’avancement des projets liés à la connaissance des ressources hydriques et aux systèmes d’alerte précoce.
L’impact des prêts concessionnels sur la modernisation des infrastructures de stockage et de distribution d’eau.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les modalités exactes de répartition des fonds entre les différents projets, ni les échéances précises de mise en œuvre. Aucun détail n’est fourni sur les indicateurs de suivi ou les résultats attendus à moyen terme.