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Politique

Maroc : hausse des droits de douane et incitations au stockage pour profiter d'une récolte record de blé

Face à une production céréalière estimée à 90 millions de quintaux, le gouvernement suspend l'exonération des droits de douane sur le blé tendre et renforce les primes de stockage.

Blé : récolte record, droits de douane, stockage… le nouveau pari du Maroc
Photo contextePhoto : Médias24Source
Rédaction LeFrontline
Rédaction LeFrontline Cellule analyse Rabat
PubliéDimanche 24 mai 2026 à 00:03 2 min de lecture
Lecture rapide
  • Récolte céréalière 2025‑2026 estimée à 90 millions de quintaux, record historique pour le Maroc.
  • Le décret du 21 mai 2026 rétablit les droits de douane à 170 % sur le blé tendre importé, supprimant l’exonération précédente.
  • Le gouvernement a annoncé un renforcement des primes de stockage pour encourager la collecte du blé national.
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Le Conseil de gouvernement, réuni le jeudi 21 mai 2026, a adopté le projet de décret n° 2.26.419 qui suspend l’exonération des droits de douane appliquée aux importations de blé tendre et de ses dérivés, rétablissant ainsi le taux de 170 % en vigueur avant la période d’exonération. Cette mesure vise à décourager les importations et à favoriser l’écoulement de la production nationale, selon les autorités qui ont présenté le texte comme une réponse à la situation exceptionnelle de la campagne céréalière.

La campagne agricole 2025‑2026 est caractérisée par une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux, un niveau qualifié de record par le gouvernement. Cette performance résulte d’une saison agricole marquée par d’importantes précipitations, qui ont permis un rebond notable des rendements après plusieurs années de sécheresse et de faibles productions. Le texte officiel souligne que ces conditions offrent « une opportunité pour valoriser le produit national et améliorer la situation des agriculteurs ».

En parallèle du rétablissement des droits de douane, le gouvernement a annoncé le renforcement des primes de stockage destinées aux agriculteurs et aux coopératives. Cette incitation financière a pour but de soutenir la collecte du blé marocain, de sécuriser les réserves nationales et de réduire la dépendance aux importations. Les autorités ont indiqué que les primes seront ajustées afin de rendre le stockage plus attractif et rentable pour les acteurs du secteur.

Jusqu’à présent, les importations de blé tendre bénéficiaient d’une exonération totale des droits de douane, mesure mise en place pour pallier les déficits de production lors des campagnes précédentes. La suspension de cette exonération représente un revirement de politique, motivé par la volonté de profiter de la surproduction actuelle et de rétablir un cadre tarifaire incitatif pour la production locale.

Le texte du décret précise que le taux de 170 % s’appliquera aux importations de blé tendre et de ses dérivés, sans distinction de provenance. Cette hausse tarifaire est présentée comme un levier économique destiné à rendre les importations moins compétitives par rapport au blé national, tout en générant des recettes douanières supplémentaires pour l’État. Aucun chiffre exact n’est fourni quant aux recettes attendues, mais la mesure s’inscrit dans une stratégie de valorisation du produit national.

Les autorités ont également rappelé que la décision s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large de sécurisation de l’approvisionnement alimentaire du pays. En favorisant la collecte et le stockage du blé produit localement, le gouvernement cherche à réduire la vulnérabilité aux fluctuations des marchés internationaux, notamment en période de tensions géopolitiques ou de variations de prix mondiaux du blé.

Malgré l’optimisme affiché, les sources ne précisent pas les modalités exactes de mise en œuvre des primes de stockage, ni les critères d’éligibilité pour les agriculteurs. De même, aucune donnée n’est fournie sur l’impact attendu sur les volumes d’importations à court terme, ni sur les éventuelles réactions des partenaires commerciaux. Ces lacunes laissent ouverte la nécessité d’un suivi détaillé des effets concrets de la mesure.

Enfin, le texte indique que la suspension de l’exonération est présentée comme une mesure temporaire, liée à la conjoncture exceptionnelle de la campagne 2025‑2026. Aucun calendrier de réexamen n’est mentionné, ce qui implique que la politique douanière pourrait être réajustée en fonction des évolutions de la production et des besoins du marché intérieur.

Contexte

Le Maroc dépend historiquement des importations de blé tendre pour assurer son approvisionnement alimentaire, notamment lors de campagnes marquées par la sécheresse. La récolte record de 2025‑2026 constitue une rupture avec cette tendance, justifiant une réorientation des politiques tarifaires et de soutien à la production locale.

Pourquoi c’est important

En rétablissant les droits de douane à 170 % et en augmentant les primes de stockage, le gouvernement cherche à transformer une surproduction exceptionnelle en un levier de souveraineté alimentaire, tout en renforçant les revenus des agriculteurs et les recet…

À suivre

L’évolution des volumes d’importations de blé tendre au cours des prochains mois.

L’impact réel des primes de stockage sur la collecte du blé national.

Ce que les sources ne disent pas encore

Les sources ne détaillent pas les montants exacts des primes de stockage, les critères d’éligibilité, ni les prévisions chiffrées d’impact sur les importations ou les recettes douanières.

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