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Marché du travail : la main-d'œuvre marocaine recule à 11,69 millions au T3-2026

Le HCP publie les premiers résultats de sa nouvelle enquête EMO, révélant une baisse de 70 000 actifs et un taux de participation à 41,8 % marqué par de fortes inégalités de genre.

Marché du travail : 11,69 millions de personnes composent la main-d’œuvre au T3-2026
Photo de contexte publiée par La Vie Éco.Source
Rédaction LeFrontline
Rédaction LeFrontline Cellule analyse Rabat
PubliéMardi 3 novembre 2026 à 09:47 3 min de lecture 2 références
Dans cet article
Les points clés
  • Main-d'œuvre à 11,694 millions au T3-2026, en baisse de 70 000 sur un trimestre (source HCP).
  • Taux de participation national à 41,8 % : 65,6 % pour les hommes contre 18,1 % pour les femmes (écart de 47,5 points).
  • 64,1 % de la main-d'œuvre réside en milieu urbain ; les femmes représentent 21,7 % des actifs mais 70,6 % de la population hors main-d'œuvre.

La main-d'œuvre marocaine a reculé à 11,694 millions de personnes au troisième trimestre 2026, perdant 70 000 actifs par rapport au trimestre précédent, selon les premiers résultats de la nouvelle Enquête sur la Main-d'œuvre (EMO) publiés par le Haut-Commissariat au Plan. Le taux de participation s'établit à 41,8 % au niveau national, masquant des disparités structurelles selon le sexe, l'âge, le diplôme et le milieu de résidence.

Cette enquête se substitue à l'Enquête Nationale sur l'Emploi (ENE) et s'inscrit dans le renforcement du dispositif d'observation du marché du travail du HCP, fondé sur des évolutions méthodologiques et conceptuelles d'envergure. Le cadre conceptuel de l'EMO s'appuie sur les dernières normes internationales en matière de statistiques du travail, élaborées par l'ensemble des États membres de l'Organisation des Nations unies, dont le Maroc à travers le HCP, en collaboration avec l'Organisation internationale du Travail, et adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail.

L'EMO introduit le concept de l'emploi contre revenu, défini comme tout travail exercé contre rémunération ou en vue d'un profit individuel ou familial. Elle adopte également le concept du chômage strict, alignant ainsi les définitions marocaines sur les standards internationaux tout en les contextualisant aux spécificités du marché du travail national. Cette refonte méthodologique rend les comparaisons directes avec les séries historiques de l'ENE délicates sans retraitement.

Au niveau géographique, 64,1 % de la main-d'œuvre réside en milieu urbain. Le taux de participation y atteint 41,1 %, contre 43 % dans les zones rurales. Cette légère supériorité du taux rural s'explique notamment par la structure par âge et l'importance de l'emploi agricole familial, désormais classé dans l'emploi contre revenu selon les nouvelles définitions.

Les disparités entre hommes et femmes restent particulièrement importantes. Le taux de participation s'élève à 65,6 % chez les hommes, contre seulement 18,1 % chez les femmes, soit un écart de 47,5 points. Les femmes ne représentent que 21,7 % de la main-d'œuvre, alors qu'elles constituent 70,6 % de la population située hors de la main-d'œuvre, confirmant une sous-utilisation massive du potentiel féminin.

La participation varie fortement selon l'âge. Les 25-34 ans et les 35-44 ans affichent les taux les plus élevés, à 56,6 % pour chacune de ces deux catégories. Le taux se situe à 38,1 % chez les personnes âgées de 45 ans et plus, tandis que les jeunes de 15 à 24 ans enregistrent le niveau le plus faible, à 23,3 %, reflétant la prolongation des scolarités et les difficultés d'insertion professionnelle.

Les écarts sont également significatifs selon le niveau de qualification. Le taux de participation à la main-d'œuvre atteint 68,5 % chez les personnes titulaires d'un diplôme avancé, contre des niveaux inférieurs pour les diplômes intermédiaires et les non-diplômés. Cette corrélation positive entre qualification et activité souligne le rôle de l'éducation comme levier d'insertion, mais aussi la persistance d'un chômage des diplômés non détaillé dans cette publication.

Le communiqué du HCP ne détaille pas la répartition entre emploi contre revenu et chômage strict au sein de la main-d'œuvre, ni l'évolution du taux de chômage au sens strict. Ces indicateurs, centraux pour l'analyse conjoncturelle, feront l'objet de publications ultérieures. La ventilation par secteur d'activité, statut dans l'emploi et durée du chômage n'est pas non plus fournie à ce stade.

La population en âge de travailler, dénominateur du taux de participation, n'est pas chiffrée dans le communiqué. L'absence de cette donnée de base empêche de vérifier l'arithmétique du taux de 41,8 % et d'apprécier l'évolution démographique sous-jacente. Le HCP n'indique pas non plus si la baisse de 70 000 actifs provient d'une sortie vers l'inactivité, d'un effet démographique ou d'un artefact méthodologique lié au changement d'enquête.

Les résultats de l'EMO marquent une rupture statistique assumée par le HCP. La comparabilité dans le temps avec les anciennes séries de l'ENE nécessite un travail de rétropolation ou de chaînage que l'institut n'a pas encore publié. Pour les analystes, la priorité est désormais de disposer des microdonnées et des notes méthodologiques détaillées pour reconstruire des séries cohérentes et évaluer l'ampleur réelle des évolutions du marché du travail marocain.

Contexte

Le Maroc modernise son appareil statistique du travail en remplaçant l'ENE par l'EMO, alignée sur les résolutions de la 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (2013, 2018, 2023). Ce basculement introduit la distinction entre travail pour production propre et emploi contre revenu, et redéfinit le chômage selon des critères plus stricts de recherche active et de disponibilité. La transition crée une rupture de série dont l'ampleur n'est pas encore documentée publiquement.

Pourquoi c’est important

La nouvelle enquête établit une base de référence conforme aux standards internationaux, mais la rupture méthodologique complique le suivi conjoncturel. L'écart de participation homme-femme de 47,5 points et le taux de 23,3 % chez les 15-24 ans signalent des…

À suivre

Publication des taux de chômage strict et d'emploi contre revenu par le HCP.

Notes méthodologiques détaillées et éventuel chaînage avec les séries ENE historiques.

Ventilation par secteur, statut dans l'emploi et région pour identifier les moteurs de la baisse trimestrielle.

Ce que les sources ne disent pas encore

Le communiqué HCP et l'article La Vie Éco ne fournissent pas : effectifs d'emploi contre revenu et de chômage strict, taux de chômage, population en âge de travailler, ventilation sectorielle et régionale, détail de la baisse de 70 000 (sortie inactivité, démographie, rupture méthodologique), séries rétropolées pour comparabilité temporelle.

Mémoire éditoriale

Le dossier en contexte

Dossier

  1. Institution Haut-Commissariat au Plan 15 sources · 167 articles

Ce que rapportent les sources

  • Main-d'œuvre à 11,694 millions au T3-2026, en baisse de 70 000 sur un trimestre (source HCP).

    Attribué · 2 sources
  • Taux de participation national à 41,8 % : 65,6 % pour les hommes contre 18,1 % pour les femmes (écart de 47,5 points).

    Attribué · 2 sources
  • 64,1 % de la main-d'œuvre réside en milieu urbain ; les femmes représentent 21,7 % des actifs mais 70,6 % de la population hors main-d'œuvre.

    Attribué · 2 sources

Chronologie

  1. Situation du marché du travail au Maroc au troisième trimestre 2026 selon l'enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026)
  2. T2-2026: chômage strict à 9,5% et sous-utilisation de la main-d'œuvre à 18,9%
  3. Emploi : un taux de chômage de 9,5% au 2e trimestre de 2026

À surveiller

  • Nouveau signal Haut-Commissariat au Plan

    Situation du marché du travail au Maroc au troisième trimestre 2026 selon l'enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026)

Sources et documents consultés 2 références Notre méthode éditoriale

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Cellule analyse LeFrontline chargée de la veille, de la vérification et de la contextualisation.

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