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Diplomatie

L'Espagne répartit des mineurs marocains de Sebta malgré les demandes de rapatriement de Rabat

Le gouvernement espagnol poursuit la prise en charge des mineurs non accompagnés de Sebta vers la péninsule ibérique, alors que le Maroc réclame leur retour.

Rédaction LeFrontline
Rédaction LeFrontline Cellule analyse Rabat
PubliéLundi 14 septembre 2026 à 05:03 2 min de lecture
Lecture rapide
  • L'Espagne a initié la répartition des mineurs marocains de Sebta vers d'autres régions espagnoles.
  • Le Maroc a demandé le rapatriement de ces mineurs non accompagnés.
  • La ministre espagnole de la Jeunesse et de l'enfance, Sira Rego, accuse le Maroc de manque d'action pour faciliter les retours.

Le ministère marocain des Affaires étrangères avait auparavant exprimé son mécontentement face à ce qu'il considère comme un manquement de l'Espagne à respecter les procédures de retour des mineurs non accompagnés. Rabat reprochait à Madrid de ne pas avoir renvoyé ces jeunes vers leur pays d'origine après leur arrivée sur le territoire espagnol lors de tentatives de passage massif. Cette position officielle marocaine souligne l'attente d'une coopération effective dans le cadre des accords bilatéraux en matière de protection de l'enfance.

En réponse, la ministre espagnole de la Jeunesse et de l'enfance, Sira Rego, a tenu le Maroc responsable du blocage des retours, affirmant qu'il existait un «manque d'action et de réaction» de la part des autorités marocaines pour faciliter le retour de ces mineurs. Selon elle, certains enfants avaient exprimé le souhait de retrouver leur famille avant les événements du 30 juillet, mais ce retour n'avait pas pu se concrétiser en raison de l'absence de réponse des services marocains compétents.

Sira Rego a également indiqué que le parquet espagnol avait ouvert 600 dossiers liés à des procédures antérieures à l'entrée massive de migrants, dossiers auxquels Rabat n'aurait «pas répondu». Elle a précisé que l'instruction de ces dossiers prend au moins plusieurs mois, ce qui explique en partie les délais observés dans les processus de vérification des liens familiaux et d'organisation du retour volontaire des mineurs concernés.

La ministre a insisté sur le fait que les démarches de regroupement familial ou d'accueil des mineurs respectent les garanties juridiques et les droits humains, et qu'elles peuvent se poursuivre dans n'importe quelle autre région espagnole avec les mêmes protections. Elle a toutefois reconnu que certains mineurs ne disposent pas d'un cadre familial vers lequel revenir, tandis que plusieurs jeunes filles fuient des situations difficiles, notamment des mariages forcés, ce qui complique les solutions durables.

Selon les données fournies par Sira Rego, environ 2 000 mineurs étrangers non accompagnés se trouvent actuellement à Ceuta, dont une partie significative serait d'origine marocaine. Ce chiffre reflète l'ampleur du défi auquel font face les autorités locales, confrontées à une arrivée soutenue de jeunes migrants dont la situation administrative et familiale nécessite une évaluation approfondie avant toute décision d'orientation ou de retour.

Contexte

La question des mineurs non accompagnés à Sebta et Ceuta revient régulièrement dans les relations entre le Maroc et l'Espagne, particulièrement après les tentatives de passage massif enregistrées en 2021 et 2022. Les deux pays coopèrent dans le cadre d'accords bilatéraux sur la protection de l'enfance, mais les interprétations divergent sur les responsabilités respectives en matière de retour, de regroupement familial et de prise en charge.

Pourquoi c’est important

Cette situation illustre les tensions persistantes entre Rabat et Madrid concernant la gestion des flux migratoires mineurs, où les logiques humanitaires, juridiques et politiques s'entrecroisent. Elle met en lumière les limites des mécanismes actuels de coop…

À suivre

L'évolution du nombre de mineurs transférés de Sebta vers d'autres régions espagnoles.

La réponse des autorités marocaines aux accusations de manque de coopération formulées par Madrid.

Les éventuelles initiatives conjointes pour accélérer les vérifications des liens familiaux et les retours volontaires.

Ce que les sources ne disent pas encore

Les sources ne permettent pas de confirmer le nombre exact de mineurs marocains parmi les 2 000 étrangers non accompagnés présents à Ceuta, ni de vérifier individuellement les souhaits de retour exprimés par les enfants mentionnés par la ministre espagnole.

Sources et documents consultés 2 références Notre méthode éditoriale

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