L’étude de l'IEF‑Maroc, conduite sur une année et demie, a interrogé plusieurs milliers d’entreprises afin de mesurer à la fois leur contribution économique et leurs pratiques de gouvernance, incluant la composition des conseils d’administration et la présence de membres familiaux à la direction. Ces données offrent, selon Kacem Bennani Smires, président de l’institut, une base rigoureuse où auparavant ne subsistaient que des estimations approximatives.
Les résultats quantifient l’importance des entreprises familiales dans l’économie marocaine : elles représentent 93 % du tissu entrepreneurial, ce qui signifie que la quasi-totalité des structures économiques du pays sont détenues et gérées par des familles. Cette prépondérance souligne le rôle central de la famille dans la création et la gestion d’activités économiques au Maroc.
En termes d’emploi, les entreprises familiales sont responsables de 65 % des postes occupés dans le pays. Cette proportion élevée indique que la stabilité et la continuité de l’emploi dépendent largement de la capacité de ces entreprises à se transmettre d’une génération à l’autre, un processus qui apparaît aujourd’hui comme un point de vulnérabilité majeur.
Sur le plan de la valeur ajoutée, plus de 60 % du produit intérieur brut attribuable aux entreprises provient de structures familiales. Cette contribution dépasse largement celle des entreprises non familiales, renforçant l’idée que la santé économique du Maroc est étroitement liée à la performance de ce segment.
Malgré ce poids économique, l’étude révèle que seulement une entreprise familiale sur quatre parvient à réaliser une première transmission réussie. Cette statistique met en évidence un fossé entre le potentiel économique des entreprises familiales et leur capacité à assurer une continuité générationnelle efficace.
Kacem Bennani Smires explique que ce fossé résulte de plusieurs facteurs, dont le manque d’outils adaptés pour planifier la transmission, l’absence de formation spécifique des successeurs et des difficultés à concilier les intérêts familiaux avec les exigences de gouvernance moderne. Il souligne que la compréhension précise du patrimoine et du tissu économique est indispensable pour prendre des décisions éclairées.
L’étude a également examiné la gouvernance des entreprises familiales, en analysant la présence ou l’absence de membres de la famille au sein des conseils d’administration. Cette dimension permet d’identifier les pratiques qui favorisent ou freinent la transmission, bien que les résultats détaillés sur ce point ne soient pas explicités dans le communiqué disponible.
Un autre aspect souligné par l’institut est la nécessité d’un cadre juridique et fiscal plus favorable à la transmission. Bien que la source ne précise pas les mesures concrètes envisagées, elle indique que les acteurs du secteur attendent des réformes pour réduire les obstacles administratifs et financiers qui compliquent le passage de témoin.
Les limites de l’étude sont clairement reconnues par son auteur : le périmètre retenu exclut certaines catégories d’entreprises, et les données restent basées sur des déclarations auto‑rapportées. Ainsi, la portée exacte des conclusions doit être interprétée avec prudence, notamment en ce qui concerne les petites structures non incluses dans l’échantillon.
En conclusion, l’enquête de l'IEF‑Maroc fournit une première quantification fiable du rôle des entreprises familiales dans l’économie nationale, tout en mettant en lumière la fragilité de leur transmission. Les prochains mois seront déterminants pour observer si les recommandations formulées par l’institut seront traduites en actions concrètes afin de combler le fossé identifié.
Contexte
Le secteur des entreprises familiales représente historiquement le pilier de l’économie marocaine, mais il fait face à des défis de succession qui peuvent impacter la stabilité macroéconomique du pays.
Pourquoi c’est important
Comprendre la dynamique de transmission des entreprises familiales est crucial, car leur défaillance pourrait affecter une part majeure de l’emploi et de la valeur ajoutée nationale, influençant ainsi la croissance économique globale.
À suivre
L’évolution des politiques publiques visant à faciliter la transmission des entreprises familiales.
Les initiatives de formation et d’accompagnement des successeurs au sein du tissu entrepreneurial.
Ce que les sources ne disent pas encore
L’étude ne détaille pas les raisons précises de l’échec de transmission ni les mesures concrètes proposées, et exclut certaines catégories d’entreprises, limitant ainsi la généralisation des résultats.