Le constat de Mohamed Saouti, vice‑président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca‑Settat et président de l’Association de l’industrie hôtelière de Casablanca, met en avant une baisse sensible du tourisme d’affaires à Casablanca, observée depuis quelques semaines. Cette évolution se traduit par une diminution de la fréquentation et une vague d’annulations de réservations dans plusieurs hôtels du Grand Casablanca, selon les déclarations recueillies par Médias24.
Le président de l’Association précise que le segment du tourisme d’affaires constitue traditionnellement une composante essentielle de l’activité touristique de la ville. Il rappelle que le taux moyen d’occupation hôtelier à Casablanca tourne autour de 37 %, un indicateur qui montre l’importance du marché d’affaires pour les établissements locaux.
Parmi les facteurs avancés, le conflit en cours au Moyen‑Orient est cité comme un élément déclencheur majeur. Selon Saouti, les répercussions de ce conflit affectent la demande de voyages d’affaires, entraînant une réduction du nombre de délégations et de missions commerciales qui choisissent Casablanca comme destination.
Les perturbations aériennes constituent un autre obstacle identifié. Les hôteliers soulignent que les retards, annulations et restrictions de vols compliquent l’accès à la ville, décourageant ainsi les voyageurs d’affaires et accentuant le phénomène d’annulation de réservations déjà observé.
Le manque d’infrastructures adaptées est également mentionné comme une faiblesse structurelle de longue date. Les acteurs du secteur estiment que l’insuffisance d’espaces de conférence et de services dédiés aux entreprises limite la capacité de Casablanca à attirer et retenir la clientèle d’affaires, aggravant la situation actuelle.
Enfin, la concurrence croissante de l’hébergement informel, notamment les locations de courte durée, vient réduire la part de marché des hôtels traditionnels. Les établissements du Grand Casablanca constatent que cette offre alternative attire une partie de la clientèle, y compris des voyageurs d’affaires, ce qui accentue la pression sur leurs taux d’occupation.
Mohamed Saouti alerte sur les répercussions potentielles pour la saison estivale, période où la demande touristique est habituellement plus forte. Il indique que la combinaison des facteurs susmentionnés crée une incertitude pour les hôteliers, qui craignent une poursuite du recul du tourisme d’affaires et une pression accrue sur leurs revenus durant les mois à venir.
Contexte
Casablanca, capitale économique du Maroc, dépend depuis longtemps d’un segment d’affaires solide pour soutenir son parc hôtelier, un facteur qui vient aujourd’hui d’être remis en question par plusieurs aléas externes.
Pourquoi c’est important
La diminution du tourisme d’affaires impacte directement la rentabilité des hôtels, la création d’emplois et les recettes fiscales locales, ce qui rend la situation critique pour l’économie de la région de Casablanca‑Settat.
À suivre
Évolution du nombre de vols et des restrictions aériennes vers Casablanca.
Réactions des autorités locales face aux faiblesses structurelles du secteur hôtelier.
Impact des réservations d’affaires sur les taux d’occupation pendant la saison estivale.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne fournissent pas de chiffres précis sur le nombre d’annulations, ni de données chiffrées sur la part exacte du tourisme d’affaires dans le chiffre d’affaires hôtelier. Aucun détail n’est donné sur les mesures prises par les autorités ou les hôtels pour contrer la situation.