Le 7‑9 mai, Marrakech a accueilli le deuxième Forum économique des Marocains du monde, un rassemblement qui a consacré l’investissement, l’innovation et le rôle de la diaspora comme axes prioritaires du débat national, soulignant l’importance de mobiliser les compétences et les capitaux expatriés pour le développement du pays.
Quelques jours après, le 14 mai, la Confédération générale des entreprises du Maroc a procédé à l’élection d’un nouveau binôme à sa direction, un événement qui, selon les observateurs, ouvre une nouvelle séquence pour le patronat et invite à réfléchir sur la manière dont le secteur privé peut contribuer à la formation d’un capital national d’envergure.
Ces deux moments s’inscrivent dans une dynamique où le Maroc, jadis perçu comme une économie d’émergence, cherche à passer à une économie de création, de maîtrise technologique et de perspective à long terme, comme le souligne l’analyse du journal TelQuel.
Le texte souligne que le modèle marocain, bâti pendant deux décennies autour d’un État stratège – infrastructures, ports, zones industrielles, stabilité macroéconomique, accords de libre‑échange – a permis au pays d’intégrer une nouvelle géographie économique mondiale, notamment grâce à la plateforme Tanger Med et aux filières automobile, aéronautique, énergie renouvelable, agroalimentaire et phosphates.
Toutefois, l’article indique que la transition vers une économie de rupture technologique requiert une ressource plus rare : la capacité collective à accepter le risque, l’incertitude et les investissements à long terme, une dimension qui dépasse les acquis du modèle d’infrastructure et de stabilité macroéconomique.
Le rapport de TelQuel met en avant le fait que le Maroc a déjà produit, exporté et attiré des investissements au-delà de sa région, mais que la prochaine frontière réside dans l’innovation de rupture, un domaine où les règles de l’économie de rente, qualifiée de « maladie silencieuse », ne suffisent plus.
En évoquant l’économie de rente, le texte indique que le pays a réussi à sortir de l’économie de l’émergence, mais qu’il doit désormais réussir l’économie de la création, ce qui implique de développer des mécanismes de financement capables de soutenir des projets à forte intensité de recherche et développement.
Le rôle de la diaspora, mis en avant lors du Forum, apparaît comme un levier potentiel pour combler le manque de capitaux à risque, en mobilisant des réseaux d’investisseurs et d’experts marocains à l’étranger, bien que le texte ne précise pas les modalités concrètes de cette mobilisation.
L’élection à la CGEM, quant à elle, pourrait influencer la manière dont les entreprises marocaines s’organisent pour soutenir l’innovation, mais les sources ne détaillent pas les orientations politiques ou les projets spécifiques qui seront adoptés par le nouveau binôme.
Enfin, le texte conclut que le Maroc a incontestablement changé d’échelle, mais que la réussite de la prochaine étape dépendra de la capacité du pays à créer un capital national apte à soutenir l’innovation de rupture, une condition qui reste à mesurer dans les mois à venir.
Contexte
Le Maroc a longtemps misé sur un modèle d’État stratège, combinant infrastructures, zones industrielles et accords de libre‑échange, pour s’insérer dans la chaîne de valeur mondiale, avant de se confronter aujourd’hui aux exigences d’une économie basée sur l’innovation technologique.
Pourquoi c’est important
Comprendre comment le Maroc peut mobiliser un capital national d’innovation est crucial pour anticiper la compétitivité du pays dans des secteurs à forte valeur ajoutée et pour évaluer la capacité du modèle économique à soutenir une croissance durable au-delà…
À suivre
Les initiatives concrètes de la diaspora visant à financer ou à accompagner des projets d’innovation au Maroc.
Les orientations stratégiques prises par le nouveau binôme de la CGEM en matière de soutien à la recherche et au développement.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les montants exacts d’investissements envisagés, les programmes spécifiques de financement, ni les échéances précises pour la mise en œuvre des projets d’innovation de rupture.