L'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a publié les données officielles du marché pour l'exercice 2025, indiquant que le montant total des levées de capitaux a atteint 143,6 milliards de dirhams, contre 109,9 milliards l'année précédente, ce qui représente une hausse de 30,6 %. Cette progression s'inscrit dans le cadre d'une dynamique de financement de l'économie marocaine, avec une attention particulière portée aux émissions obligataires.
Le segment des obligations d’entreprises a connu la plus forte augmentation, passant de 23,7 milliards de dirhams en 2024 à 50,9 milliards en 2025, soit une progression de 115,2 %. Cette évolution reflète un intérêt accru des entreprises pour le financement par dette, notamment dans le cadre de projets d'investissement et de refinancement de leurs besoins de trésorerie.
Le sous‑segment des placements privés a été le principal moteur de cette hausse. Les émissions obligataires réalisées par placement privé ont atteint 38,8 milliards de dirhams en 2025, contre 11,8 milliards en 2024, soit une progression de 229,5 %. Cette dynamique indique une préférence des investisseurs institutionnels pour des placements hors marché public, offrant souvent des conditions de financement plus flexibles.
À l’inverse, les émissions obligataires par appel public à l’épargne sont restées quasi stables, avec 12,1 milliards de dirhams en 2025 contre 11,9 milliards en 2024. Cette stabilité contraste avec la forte croissance du segment privé et montre que le marché public conserve un rôle, mais sans dynamisme comparable aux émissions privées.
Les titres de créance négociables (TCN) demeurent le premier compartiment des levées, mais ont enregistré une baisse de 14,6 % en 2025, passant de 77,5 milliards de dirhams en 2024 à 66,2 milliards. Cette diminution reflète un déplacement des flux de capitaux vers les obligations d’entreprises, notamment celles émises en placement privé.
Dans le détail des TCN, les certificats de dépôt, exclusivement émis par les banques, ont reculé de 39,4 % pour atteindre 29,6 milliards de dirhams. En revanche, les bons de sociétés de financement ont progressé de 48,1 % pour s’établir à 19,4 milliards, et les billets de trésorerie ont augmenté de 10,9 % pour atteindre 17,2 milliards, indiquant une diversification des instruments de financement à court terme.
Malgré le recul global des TCN, leur poids reste central dans le financement de court terme au Maroc. Les données disponibles ne précisent pas les raisons exactes de la baisse des certificats de dépôt ni les perspectives d’évolution pour les prochains exercices, ce qui limite l’interprétation des tendances à moyen terme.
Contexte
Le marché marocain des capitaux, structuré autour de la bourse, des obligations et des titres de créance négociables, joue un rôle clé dans le financement des entreprises et des projets d’infrastructure, soutenant la croissance économique du pays.
Pourquoi c’est important
L’augmentation des levées de capitaux, surtout via les obligations privées, montre une capacité accrue du secteur privé à mobiliser des ressources financières, ce qui peut renforcer la résilience économique et favoriser de nouveaux investissements.
À suivre
L’évolution du volume des émissions obligataires en placement privé pour 2026.
L’impact éventuel d’une éventuelle régulation sur les TCN et les certificats de dépôt.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas d’indications sur les raisons précises du recul des certificats de dépôt ni sur les prévisions pour les années suivantes, limitant l’analyse des tendances à long terme.