Le Gazoduc Afrique‑Atlantique Nigeria‑Maroc, désigné AAGP, a été présenté comme un projet stratégique visant à relier la chaîne côtière atlantique de Lagos à Tanger, impliquant treize États ouest‑africains, dont le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Maroc.
Selon Benkhadra, le tracé du pipeline permettra d’alimenter directement des zones où le taux d’électrification reste en dessous de 40 %, touchant ainsi des millions de foyers qui dépendent aujourd’hui de sources d’énergie intermittentes ou de générateurs diesel.
Le directeur général de l’ONHYM a souligné que la disponibilité du gaz naturel le long du corridor facilitera le développement de filières industrielles locales, notamment la production d’engrais, la pétrochimie et la transformation du ciment, réduisant la dépendance aux importations de matières premières.
En outre, le projet est censé encourager la création de valeur ajoutée à partir des minerais stratégiques présents dans les pays traversés, en utilisant le gaz comme source d’énergie fiable pour les usines de transformation, ce qui pourrait diminuer les exportations de matières premières non transformées.
Benkhadra a indiqué que le AAGP générera des emplois directs pendant la phase de construction et des postes permanents dans la maintenance et l’exploitation, offrant ainsi des opportunités pour la jeunesse africaine, qui représente une part importante de la population active du continent.
Sur le plan géopolitique, le pipeline prévoit une capacité d’exportation vers l’Europe, offrant aux pays africains une nouvelle source de revenus et contribuant à la diversification des approvisionnements européens en gaz, un facteur clé de la sécurité énergétique régionale.
Le financement du projet repose sur un consortium d’investisseurs publics et privés, dont des banques de développement africaines, bien que les détails précis des montants engagés n’aient pas été rendus publics à ce jour.
Des études d’impact environnemental sont en cours dans plusieurs États participants, afin de garantir le respect des normes internationales et d’atténuer les risques liés à la traversée de zones écologiquement sensibles le long de la côte atlantique.
Le calendrier prévisionnel prévoit le début des travaux d’infrastructure en 2027, avec une mise en service progressive à partir de 2032, sous réserve de l’obtention des autorisations transfrontalières et du financement complet du consortium.
Contexte
Le AAGP s’inscrit dans une dynamique plus large d’infrastructures énergétiques transnationales en Afrique, où plusieurs projets de corridors électriques et de pipelines de gaz cherchent à réduire la fragmentation des marchés et à soutenir la transition vers des sources d’énergie plus propres.
Pourquoi c’est important
En améliorant l’accès à une énergie fiable et moins carbonée, le gazoduc pourrait accélérer la croissance industrielle, réduire les coûts de production et contribuer à la réduction de la pauvreté énergétique, tout en renforçant la position de l’Afrique comme…
À suivre
L’avancement des études d’impact environnemental et les réponses des communautés locales.
L’obtention des accords transfrontaliers nécessaires à la construction du pipeline.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les montants exacts d’investissement, les modalités de financement détaillées, ni les dates précises d’achèvement des différentes phases du projet.