Les banques marocaines ont repris aux OPCVM la première place parmi les détenteurs de bons du Trésor, détenant 38,3% de l'encours contre 33,3% pour les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, selon les données de la Direction du Trésor et des Finances extérieures. Cette inversion de positions marque une recomposition notable des parts de marché sur le segment de la dette publique intérieure.
La part des OPCVM a reculé de 2,6 points, traduisant un désengagement relatif de ces véhicules d'investissement sur le marché des bons du Trésor. Les banques, à l'inverse, ont accru leurs investissements en titres publics au point de devenir les premiers créanciers du Trésor sur ce compartiment. Ce mouvement s'explique par la forte capacité de placement des établissements bancaires, qui disposent d'importantes liquidités.
Assises sur de gros excédents de trésorerie, les banques ont massivement placé leurs liquidités dans les bons du Trésor, davantage que par le passé. Cette stratégie leur permet de valoriser leurs excédents de trésorerie tout en investissant dans des actifs considérés comme relativement sûrs. Le marché de la dette publique marocaine connaît ainsi une évolution significative dans la répartition de ses détenteurs.
Les compagnies d'assurance voient également leur part reculer, à 13,7% de l'encours des bons du Trésor. Ce recul est la conséquence de la ruée des assureurs vers les actifs cédés par l'État dans le cadre des mécanismes de financements innovants, notamment le lease-back, selon les informations rapportées par LesEco. Ce repositionnement des assureurs libère une part du marché des bons du Trésor au profit des banques.
Le reste de l'encours des bons du Trésor est détenu par les caisses de retraite, les compagnies d'assurance et les autres investisseurs. Parmi ces derniers figurent les opérateurs de la grande distribution ainsi que des sociétés, indique LesEco. La diversification des détenteurs reflète l'élargissement du spectre d'investisseurs sur la dette souveraine marocaine, même si les banques et les OPCVM concentrent l'essentiel des positions.
Au-delà du marché intérieur, la dette extérieure de l'État présente un trio de tête parmi ses créanciers. Le groupe de la Banque mondiale détient 31% de l'encours, suivi de la BAD avec 15,1% et de la France avec 10,6%, selon les données citées par LesEco. Cette structure des créanciers extérieurs situe le financement multilatéral et bilatéral au cœur du profil d'endettement extérieur du Royaume.
L'encours de la dette publique directe culminait à 1.145 milliards de dirhams à fin 2025, selon les évaluations de Bank Al-Maghrib publiées dans son rapport annuel 2025. Cette enveloppe intègre une hausse de 4,1% de la composante intérieure, qui atteint 845,2 milliards de dirhams, et une progression de 11,1% de la dette extérieure, qui s'établit à 299,8 milliards de dirhams. Ces chiffres traduisent une croissance globale de l'encours de la dette publique directe.
Grâce aux opérations de financements innovants, qui ont généré 40,1 MMDH, conjuguées à l'embellie des recettes fiscales, le taux d'endettement du Trésor a reculé de 0,4 point, à 66,6% du PIB. Les financements innovants, dont le lease-back constitue un des mécanismes, ont ainsi contribué à contenir le ratio d'endettement public malgré la croissance de l'encours en valeur absolue.
Le prochain gouvernement, qui sera issu des législatives de septembre, trouvera un tableau budgétaire plutôt rassurant, estime LesEco. Le recul du taux d'endettement du Trésor et la diversification des sources de financement offrent une marge de manœuvre sur le plan budgétaire. La recomposition du marché des bons du Trésor, avec la prédominance des banques, traduit par ailleurs l'abondance de liquidités dans le système bancaire marocain.
Les sources disponibles ne précisent pas la période exacte de référence pour les parts de marché des bons du Trésor, ni le détail des montants détenus par chaque catégorie d'investisseur en valeur absolue. Les données sur la dette publique directe sont attribuées au rapport annuel 2025 de Bank Al-Maghrib, tandis que les parts de marché des détenteurs de bons du Trésor proviennent de la Direction du Trésor et des Finances extérieures. Les deux sources convergent sur les chiffres de 38,3% pour les banques et 33,3% pour les OPCVM, ainsi que sur le recul de 2,6 points de la part des OPCVM.
Contexte
Le marché de la dette publique marocaine se compose principalement de bons du Trésor pour la dette intérieure et de prêts multilatéraux et bilatéraux pour la dette extérieure. Les principaux détenteurs de la dette intérieure sont les banques, les OPCVM, les compagnies d'assurance et les caisses de retraite. La Direction du Trésor et des Finances extérieures publie régulièrement les données de répartition de l'encours, tandis que Bank Al-Maghrib consolide les chiffres globaux de la dette publique dans son rapport annuel.
Pourquoi c’est important
Le passage des banques en première position parmi les détenteurs de bons du Trésor modifie l'équilibre du marché de la dette souveraine marocaine. Cette recomposition reflète à la fois l'abondance de liquidités bancaires et le repositionnement des assureurs v…
À suivre
L'évolution des parts de marché entre banques et OPCVM sur les prochaines émissions de bons du Trésor.
Le volume des opérations de financements innovants et leur impact sur le ratio d'endettement public.
Les décisions du prochain gouvernement issu des législatives de septembre en matière de gestion de la dette publique.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la date exacte de mesure des parts de marché des bons du Trésor ni les montants absolus par catégorie d'investisseur. La mention de 'fin 2025' et du 'rapport annuel 2025' de Bank Al-Maghrib est reprise telle quelle depuis LesEco.
Le dossier en contexte
Dossier
- Institution Bank Al-Maghrib 15 sources · 58 articles
Ce qui est établi
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Les banques détiennent 38,3% de l'encours des bons du Trésor, contre 33,3% pour les OPCVM, selon la Direction du Trésor et des Finances extérieures.
Vérifié · 2 sources -
La part des OPCVM a reculé de 2,6 points.
Vérifié · 2 sources -
Les compagnies d'assurance voient leur part baisser à 13,7%, conséquence de leur ruée vers les actifs cédés par l'État dans le cadre des financements innovants (lease-back).
Vérifié · 2 sources
Chronologie
- Financement du Trésor : les banques détrônent les OPCVM
- Crédit bancaire : les taux repartent à la hausse au deuxième trimestre 2026
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Financement du Trésor : les banques détrônent les OPCVM