La consultation nationale, organisée au siège de la météorologie nationale à Casablanca, a permis de dresser un état des lieux où la connaissance du risque est qualifiée de fragmentée, les informations circulant dans des silos distincts sans cadre juridique ou mécanisme de coordination clairement défini, ce qui limite la capacité d’anticipation et de réaction face aux phénomènes naturels.
Les participants ont souligné que les délais actuels d’anticipation météo sont insuffisants pour les secteurs jugés sensibles, notamment les transports, l’eau et l’énergie, en raison de l’absence de seuils d’alerte standardisés par secteur, ce qui complique la prise de décision rapide et la mise en œuvre de mesures de protection adéquates.
Pour répondre à ces carences, le dispositif national d’alerte précoce, dont la mise en œuvre est prévue avant 2027, prévoit la création d’un comité national dédié à l’échange des données de risques naturels, chargé de fédérer les différentes institutions et d’harmoniser les procédures de collecte et de diffusion des informations.
Parallèlement, un observatoire national sera institué afin d’assurer la veille permanente et la mémoire des catastrophes naturelles, permettant ainsi de capitaliser sur les expériences passées, d’alimenter les bases de données et de soutenir la recherche en matière de résilience et de prévention.
Le cœur technique du futur système, désigné sous l’appellation SAP, reposera sur un Système d’Information Géographique (SIG) national à modules dynamiques, offrant une visualisation cartographique actualisée des zones à risque et facilitant l’accès aux données géospatiales pour les décideurs et le public.
Une base de données interopérable sera également mise en place, regroupant les informations relatives à l’exposition et à la vulnérabilité des territoires, afin de garantir une cohérence des données entre les différents acteurs et d’améliorer la précision des modèles d’alerte.
Enfin, un portail public sera lancé pour diffuser les cartes de risques, à commencer par les atlas des zones inondables, offrant aux citoyens, aux collectivités locales et aux entreprises un accès direct à des informations essentielles pour la planification et la gestion des risques.
Ces mesures, bien que ambitieuses, restent soumises à plusieurs incertitudes : la mise en place d’un cadre juridique contraignant, la définition précise des seuils d’alerte sectoriels et la capacité des institutions à partager leurs données de façon fluide sont des points qui nécessitent encore des clarifications et des engagements concrets.
Le suivi de la mise en œuvre du dispositif d’ici 2027 devra donc porter sur l’avancement de la législation, la structuration du comité et de l’observatoire, ainsi que sur le déploiement effectif du SIG, de la base de données et du portail public, afin d’évaluer si les objectifs de coordination et d’interopérabilité sont réellement atteints.
Contexte
Le Maroc, exposé à des risques climatiques variés, a entrepris depuis plusieurs années de renforcer ses capacités de prévision et d’alerte, mais les retours de la consultation montrent que les avancées restent incomplètes et que des réformes structurelles sont attendues pour garantir une réponse efficace aux catastrophes naturelles.
Pourquoi c’est important
Un dispositif d’alerte précoce performant est crucial pour réduire les pertes humaines et matérielles, notamment dans les secteurs où les délais d’intervention sont critiques, et pour renforcer la résilience des communautés face à la fréquence accrue des phén…
À suivre
L’adoption d’un cadre juridique contraignant pour le partage des données de risques.
La mise en place effective du comité national d’échange de données et de l’observatoire national.
Le lancement du SIG national, de la base de données interopérable et du portail public d’ici 2027.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les modalités exactes de financement, les échéances intermédiaires détaillées ni les responsabilités précises des différentes institutions au sein du comité ou de l’observatoire, ce qui limite la visibilité sur le calendrier de mise en œuvre.