Le Conseil de Bank Al-Maghrib se réunira le 23 juin pour déterminer l’orientation monétaire du troisième trimestre 2026. La décision la plus attendue porte sur le taux directeur, qui fixe le coût du financement interbancaire et influence les conditions de crédit pour les entreprises et les ménages. Les analystes du secteur s’accordent à dire que le maintien du taux à 2,25 % constitue l’option la plus probable, compte tenu des indicateurs économiques disponibles.
L’inflation, l’un des critères majeurs pour la politique monétaire, s’est stabilisée à 1,7 % en avril, selon les chiffres officiels. Cette modération contraste avec les pics observés lors des années précédentes et indique que les pressions sur les prix restent contenues. Un taux d’inflation aussi bas réduit la nécessité d’un resserrement monétaire, qui aurait pour effet d’augmenter le coût du crédit et de freiner la demande intérieure.
Parallèlement, la croissance économique montre des signes de vigueur. Les prévisions du deuxième trimestre 2026 placent le taux de croissance du PIB à 4,7 %, soutenu par le rebond du secteur agricole, la consommation des ménages et la poursuite de l’investissement. Cette dynamique positive offre une marge de manœuvre à la banque centrale, qui n’est pas contrainte de compenser une faiblesse de la demande par une politique monétaire plus stricte.
Le crédit bancaire a enregistré une progression de 7,8 % à la fin du mois d’avril, avec une hausse marquée des crédits à l’équipement. Cette évolution reflète une confiance accrue des entreprises dans leurs perspectives d’investissement et une capacité de financement renforcée. L’expansion du crédit à l’équipement, en particulier, indique que les entreprises investissent dans des biens durables, ce qui soutient la productivité à moyen terme.
Dans ce contexte, une hausse du taux directeur apparaît peu justifiée. Une augmentation aurait pu être envisagée pour prévenir une éventuelle remontée de l’inflation, mais les données actuelles ne montrent aucun signe d’accélération des prix. De plus, un resserrement prématuré risquerait de freiner la dynamique de crédit et de ralentir la croissance, ce qui serait contraire aux objectifs de stabilité économique.
À l’inverse, une baisse du taux directeur est jugée prématurée. Bien que le taux actuel de 2,25 % soit relativement bas, le maintien de ce niveau permet de préserver la marge de manœuvre de la banque centrale face à d’éventuels chocs externes. Une réduction du taux pourrait alimenter des anticipations d’inflation future et créer des déséquilibres sur le marché du crédit, notamment si les pressions externes augmentaient.
Les évolutions du marché pétrolier et les développements géopolitiques sont également pris en compte. Le reflux récent des prix du pétrole, la conclusion d’un accord préliminaire entre l’Iran et les États‑Unis et la réouverture du détroit d’Ormuz sont des facteurs qui pourraient atténuer le risque d’inflation importée. Toutefois, la prudence demeure de mise, car la stabilité du prix du pétrole reste soumise à des incertitudes géopolitiques persistantes.
Bank Al-Maghrib a souligné que la stabilité du cadre monétaire reste essentielle pour soutenir la reprise économique. Le maintien du taux directeur à 2,25 % s’inscrit dans une logique de continuité, visant à consolider les gains réalisés en matière de maîtrise de l’inflation tout en laissant le système financier suffisamment souple pour répondre aux besoins de financement du secteur privé.
En résumé, les indicateurs macroéconomiques – inflation à 1,7 %, croissance à 4,7 % et crédit bancaire en hausse de 7,8 % – convergent vers la conclusion que le statu quo du taux directeur est la décision la plus cohérente. La réunion du 23 juin devrait donc confirmer ce positionnement, tout en restant attentive aux évolutions externes qui pourraient influencer la trajectoire future de la politique monétaire.
Enfin, il convient de rappeler que la décision de Bank Al-Maghrib sera communiquée dans le cadre de la publication officielle des résultats de la réunion du Conseil. Les acteurs économiques, les analystes et les investisseurs suivront de près les éventuels commentaires de la banque centrale, qui pourraient préciser les perspectives d’évolution du taux directeur au-delà du troisième trimestre 2026.
Contexte
Le Maroc poursuit une politique monétaire visant à ancrer l’inflation autour de la cible de 2 % tout en soutenant une croissance économique soutenue, dans un environnement international marqué par des fluctuations des prix de l’énergie et des tensions géopolitiques.
Pourquoi c’est important
Le taux directeur influence directement le coût du financement pour les entreprises et les ménages ; son maintien à 2,25 % indique une confiance dans la stabilité des prix et la solidité de la reprise économique, tout en préservant la marge de manœuvre de la…
À suivre
L’évolution des prix du pétrole et son impact sur l’inflation importée.
Les prochains indicateurs d’inflation et de croissance publiés avant la fin du troisième trimestre.
Toute modification de la politique monétaire lors de la réunion du 23 juin.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les éventuelles déclarations individuelles des membres du Conseil, ni les scénarios détaillés envisagés en cas de changement de taux. Elles ne donnent pas non plus d’indications sur les prévisions à plus long terme au-delà du troisième trimestre 2026.