Les producteurs espagnols de tomates cerises attribuent la diminution de leurs surfaces cultivées à la concurrence des exportations marocaines, selon une note de la fédération FEPEX publiée le 19 octobre. La délégation espagnole a exposé ces préoccupations lors d'une réunion du groupe d'experts de la Commission européenne sur la tomate, tenue à Bruxelles le 15 octobre.
D'après les données communiquées par la FEPEX, le Maroc a exporté 527 000 tonnes de tomates fraîches vers l'Union européenne en 2025, ce qui représente environ 68,2 % des importations du bloc en provenance de pays tiers. Ces volumes couvrent l'ensemble des variétés de tomates fraîches et ne se limitent pas aux tomates cerises.
LesEco.ma confirme que sur 773 000 tonnes de tomates fraîches importées par l'UE depuis des pays tiers, plus de 527 000 tonnes proviennent du Maroc. Le Royaume demeure le premier fournisseur de l'Espagne en fruits et légumes en valeur, avec des achats atteignant 982 millions d'euros sur les sept premiers mois de 2025, en progression de 5 %.
La fédération espagnole souligne par ailleurs une hausse de 16 % des coûts de l'énergie et du transport, ainsi qu'une augmentation de 18 % des prix des plastiques, emballages et matériaux de conditionnement. Ces surcoûts limitent les bénéfices d'une éventuelle amélioration des prix de vente pour les producteurs espagnols.
La production espagnole a reculé d'environ 2 % durant la saison 2025/2026. La FEPEX l'explique par les conditions météorologiques, des problèmes phytosanitaires et le recours à des variétés résistantes aux virus mais moins productives, sans lier directement ce repli aux importations marocaines.
Les sources ne précisent pas les suites institutionnelles envisagées par la Commission européenne après la réunion du 15 octobre, ni d'éventuelles mesures commerciales ou réglementaires. Aucune déclaration d'acteurs marocains ni de calendrier de négociations n'est rapportée dans les documents consultés.
Contexte
Le différend s'inscrit dans une relation commerciale dense : le Maroc est le premier fournisseur de fruits et légumes de l'Espagne en valeur. Les écarts de coûts de main-d'œuvre et de normes réglementaires, évoqués par la FEPEX, reviennent régulièrement dans les débats sur la concurrence au sein du marché unique européen.
Pourquoi c’est important
La position marocaine sur le marché européen de la tomate conditionne l'équilibre des filières espagnoles, notamment pour la tomate cerise où la réduction des surfaces cultivées est directement imputée à cette concurrence par les producteurs ibériques.
À suivre
Éventuelles suites de la Commission européenne après la réunion du groupe d'experts du 15 octobre.
Évolution des volumes d'exportation marocaine vers l'UE pour la campagne 2025/2026.
Réaction des autorités marocaines ou des organisations professionnelles du secteur.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources sont deux médias (Yabiladi, LesEco.ma) reprenant la même note FEPEX et les mêmes données Eurostat/Commission. Aucune source indépendante marocaine, aucune position officielle de la Commission européenne, aucun détail sur les normes réglementaires citées, ni sur les variétés de tomates cerises distinctes du total tomates fraîches.