Le directeur des Affaires pénales, des grâces et de l’observation de la criminalité au ministère de la Justice, Hicham Mellati, a présenté jeudi à Rabat le rapport national sur les efforts du Royaume en matière de lutte contre la traite des êtres humains et de prévention. Il a précisé que ce rapport couvre la période allant de 2021 à 2025. Cette présentation s’est faite en sa qualité de président-coordonnateur de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains (CNCLT).
Selon les données fournies par M. Mellati, 1.597 réseaux criminels liés au trafic de migrants et à la traite des êtres humains ont été démantelés durant cette période. Ce chiffre représente le total des structures criminelles neutralisées par les autorités marocaines. Il s’agit d’un bilan cumulé sur cinq ans d’activité des services compétents.
Sur la même période, 536 affaires de traite des êtres humains ont été officiellement recensées par les institutions judiciaires et sécuritaires. Ces affaires ont donné lieu à l’engagement de poursuites pénales contre 816 personnes. Parmi celles-ci, 774 ont finalement été condamnées par les juridictions compétentes.
Le nombre total des victimes officiellement identifiées dans le cadre de ces affaires s’élève à 988 pour la période 2021-2025. Ce chiffre reflète le nombre de personnes reconnues comme victimes par les autorités nationales après enquête et procédure légale. Il ne comprend pas les cas non déclarés ou non établis.
Hicham Mellati a souligné que la période 2021-2025 a été marquée par des changements structurels profonds dans le dispositif national de lutte contre la traite des êtres humains. Il a indiqué que ce processus a débuté par la consécration des structures institutionnelles et l’intensification de la coopération technique internationale entre 2021 et 2022.
Une étape charnière a été franchie avec l’adoption du Plan national de lutte contre la traite des êtres humains pour la période 2023-2030, accompagné de son plan stratégique de mise en œuvre couvrant 2023-2026. Ce cadre stratégique vise à harmoniser les interventions des différents acteurs nationaux et internationaux. Il constitue une référence pour les actions futures en matière de prévention et de répression.
Le rapport présenté par M. Mellati reflète, selon ses termes, l’interconnexion entre les différentes facettes de la riposte nationale contre ce crime complexe. Il note que des avancées multiples ont été enregistrées en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs. Ces progrès résultent d’une coordination accrue entre les départements ministériels concernés.
Malgré ces résultats, les sources ne permettent pas de déterminer l’évolution annuelle précise du nombre de réseaux démantelés ou d’affaires traitées. Aucun détail n’est fourni sur la répartition géographique de ces démantelements ou sur les nationalités des victimes identifiées. Les données présentées restent globales et agrégées sur l’ensemble de la période.
Il n’est pas possible, à partir des seules déclarations de Hicham Mellati, d’évaluer l’impact réel du Plan national de lutte contre la traite des êtres humains sur la réduction du phénomène. Aucune mesure d’efficacité ou d’indicateur de résultat n’est mentionné dans les sources consultées. Le suivi de l’application du plan stratégique 2023-2026 reste à venir.
Contexte
La traite des êtres humains et le trafic de migrants constituent des phénomènes transnationaux complexes, souvent liés à des réseaux criminels organisés. Au Maroc, ces activités sont suivies par une interinstitutionnalité impliquant les ministères de la Justice, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et celui délégué aux Marocains résidant à l’étranger.
Pourquoi c’est important
La publication de ce bilan national permet une première évaluation quantifiée des efforts marocains dans la lutte contre un crime grave portant atteinte à la dignité humaine. Elle témoigne de l’institutionnalisation progressive d’une réponse coordonnée face à…
À suivre
La mise en œuvre effective du Plan national de lutte contre la traite des êtres humains (2023-2030) et de son plan stratégique 2023-2026
La publication de données ventilées par année, par région et par type d’exploitation
Le suivi des condamnations et de l’indemnisation des victimes identifiées
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne permettent pas de connaître la répartition annuelle des 1.597 réseaux démantelés, ni la répartition géographique de ces opérations. Aucun détail n’est fourni sur la nature précise de l’exploitation subie par les 988 victimes identifiées (travail forcé, exploitation sexuelle, mendicité forcée, etc.).